MUNICIPALES ET CANTONALES SECOND TOUR LA GAUCHE CONFIRMEAu lendemain du premier tour des élections municipales, on pouvait se demander si le second tour allait confirmer ou infirmer la tendance favorable à la gauche.
Au vu des résultats définitifs, le doute n’est plus possible. La gauche confirme son succès. Elle totalise 49% des suffrages exprimes contre 47,5% pour la droite Elle conquiert 36 villes de plus de trente mille habitants, 9 villes de plus de 100.000 habitants. Elle est désormais majoritaire à Toulouse, Strasbourg, Rouen, Caen, Metz, Reims, Saint-Etienne. , Amiens, Blois, et Saint-Denis de La Réunion,
Le succès de la gauche est également notable aux cantonales. Neuf départements basculent à gauche : l'Ain, l'Allier, la Corrèze, la Côte d'Or, l'Indre-et-Loire, les Deux-Sèvres, le Lot-et-Garonne, la Somme et le Val d'Oise. La gauche est désormais à la tête de 60 des 101 départements français.
A l’exception notable de Marseille conservée de justesse et de cinq villes gagnées sur la gauche (Mont-de-Marsan, Calais, Agen, Châtellerault Longwy, Saumur et Villefranche-sur-Saône °, la droite connaît un reflux qui mérite interprétation.
A l’évidence son électorat ne s’est pas mobilisé : le fort taux d’abstention démontre le mécontentement des électeurs de Nicolas Sarkozy.
Les avis divergent sur les causes de cette désaffection. Les uns l’attribuent aux réformes qui ont été effectuées. Les autres estiment, au contraire, que c’est la lenteur de la mise en œuvre des réformes promises par Nicolas Sarkozy qui est à l’origine de la débâcle.
Les deux explications sont probablement convergentes. L’annonce désordonnée de nombreuses réformes, comme celles contenues dans le rapport Attali, a inquiété différentes catégories sociales. Quant aux réformes engagées, le temps était trop court pour que les électeurs en ressentent les effets favorables.
La dégradation de la situation économique mondiale et l’inquiétude qu’elle génère ont également pesé lourd dans la balance.
Dans cette conjoncture morose, et alors que les comptes publics sont dégradés, il était difficile de satisfaire les revendications relatives au pouvoir d’achat.
Assez paradoxalement, cet insuccès peut être, pour la droite, une occasion de se régénérer. Au lendemain de l’élection présidentielle, la gauche est apparue comme un champ de ruines. L’UMP et ses chefs ont été pris d’une sorte d’ivresse. Tout leur est apparu possible.
Pourtant, l’UMP aurait du tenir compte du relatif échec du second tour des élections législatives. Il démontrait que le parti présidentiel avait négligé le risque des dissidences centristes et la capacité de nuisance de nuisance de François Bayrou. Il prouvait aussi que la gauche, malgré ses divisions, malgré les conflits d’hégémonie au PS restait solidement ancrée dans l’électorat.
L’échec des municipales doit conduire la droite à une meilleure appréciation du terrain politique et l’UMP, plus particulièrement, à moins d’hégémonie.
Quant au Président de la République, il devra tenir compte du message fort que les électeurs lui ont adressé. Ils souhaitent une Présidence plus gaullienne et moins roturière, des réformes mieux expliquées et mieux mises en œuvre.
Une deuxième phase du quinquennat s’ouvre à présent, celle d’une Présidence de responsabilité.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, municipales, SARKOZY
MODEM MOD’EMPLOIFrançois Bayrou a tenté de régénérer le centrisme en créant le Modem. Avec un talent incontestable, une volonté de fer, il s’efforce d’échapper à la bipolarisation. Mais, il retrouve un problème classique. Trop faible pour emporter des résultats décisifs, il a un pouvoir de nuisance incontestable mais un poids électora l léger qui lui impose de rechercher des alliances. Celles-ci l’entraînent ainsi nécessairement dans l’un des grands blocs.
Et c’est là que l’intérêt personnel de François Bayrou et celui du Modem se dissocient.
Le Modem a besoin pour progresser d’une stratégie claire. Le rôle d’un parti c’est d’avoir des élus qui pratiquent une politique commune. L’intérêt de François Bayrou est de continuer son combat contre les deus grands blocs en espérant que l’opinion publique le rejoindra.
Il y a donc un conflit entre l’ambition présidentielle de François Bayrou et l’aspiration des membres de son parti. Ceux-ci ont intérêt à se liguer avec un des grands blocs. François Bayrou, en revanche, perdrait toute crédibilité et même sa raison d’être, en s’alignant sur un des grands partis.
C’est ce qui explique que le leader du Modem n’ait pas choisi de stratégie d’alliance claire entre les deux tours des municipales.
A Marseille, à Lille, à Asnières-sur-Seine, à Chartres à Melun ou à Poissy le Modem a fait alliance à gauche avec le PS. En revanche, dans d’autres communes, le Modem s’est allié avec la droite. C’est le cas notamment à Metz, Colombes ou Toulouse.
Dans d’autres villes, le Modem se maintient purement et simplement. C’est le cas à Pau où François Bayrou est en situation difficile ,à Saint-Étienne, Belfort , Aix-en-Provence ou à Paris où, malgré les appels du pied, de Marielle de Sarnez ,Bertrand Delanoë a refusé toute alliance avec le Modem.
Une seule alliance a été récusée par François Bayrou, c’est celle avec le PC qu’a pratiquée à Aubagne la liste Modem.
Les alliances en patchwork du Modem démontrent malgré tout que la bipolarisation a encore de beaux jours devant elle.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, MODEM, municipales
LE LOCAL ET LE NATIONAL : A PROPOS DES MUNICIPALES
Les élections municipales illustrent à merveille l’interpénétration du local et du national.
A priori, les municipales sont des élections strictement locales : prés de 67% des électeurs en sont convaincus. Les citoyens recherchent des édiles proches d’eux honnêtes et compétents, capables d’améliorer leur cadre de vie quotidien. Cette prédominance de la localisation est cependant nuancée par la politisation de l’élection : la plupart des candidats se rattachent à des partis politiques nationaux et cette affiliation nationalise nécessairement le scrutin. Plus la commune est peuplée et plus le national prend l’ascendant sur le local. Et puis, si une élection est locale, l’addition des résultats de 37000 communes est forcément nationale et se prête à une interprétation de globalisation politique.
Il existe certes des freins à cette empreinte nationale. L’enracinement local exigé des élus est une condition de leur stabilité. Les citoyens manifestent des espérances contradictoires. D’un coté, ils sont fiers de voir des personnalités nationales revendiquer leurs suffrages ou leur élu honoré d’un maroquin ministériel. Mais, par ailleurs, ils désavouent facilement celui qui est plus souvent à Paris qu’à Romorantin. Une tendance lourde se fait jour dans les grandes villes consistant à exiger des maires à plein temps plutôt que des édiles du week-end.
Le cas Juppé illustre l’ambiguïté du sentiment des électeurs. A l’évidence sa décision de se consacrer exclusivement à Bordeaux a pesé lourd dans sa remarquable élection au premier tour. Mais, on peut également penser que les électeurs n’ont pas été peu fiers de retenir prisonnier à Bordeaux une personnalité d’envergure nationale.
On verra sans doute dans l’avenir des carrières politiques en alternance avec des périodes exclusivement locales et des temps consacrés à la nation. Les règles relatives à l’incompatibilité seront plus rigides et le statut des grandes villes interdira tout cumul d’une fonction nationale et d’un mandat local.
Ces affrontements du local et du national dans les élections municipales sont le résultat de vœux contradictoires des citoyens.
Les Français attachés à l’égalité n’acceptent pas les différences. Ils souhaitent un maillage identique de tout le territoire national. Les services publics doivent fournir des prestations équivalentes dans toute la France. Pour les personnels de la fonction publique, il ne peut exister qu’un statut national. Les écoles et les Universités doivent délivrer le même diplôme sur l’ensemble du territoire.
Mais les électeurs souhaitent dans le même temps que la spécificité locale soit reconnue et accentuée. En d’autres termes, ils veulent l’égalité plus la différence, l’unité sans l’uniformité. C’est un équilibre difficile à tenir .Les élections municipales en sont la traduction concrète.
..
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, municipales, SARKOZY
MUNICIPALES : LA GAUCHE PAR DEFAUT
A la veille de ces élections municipales, le pire avait été prédit pour la droite. Les résultats de ce premier tour de scrutin démontrent que la déroute annoncée n'est pas au rendez-vous.
La droite obtient environ 45% des suffrages contre 47% pour les listes de gauche et des Verts .Les membres du gouvernement en lice s'en sortent plutôt bien. Sur 23 ministres candidats quatre seulement seront confrontés à un second tour difficile. Christine Lagarde et Christine Albanel sont distancées à Paris, Xavier Darcos maire sortant de Périgueux, devra se battre face au PS Michel Moyrand et Rama Yade est dans une situation difficile à Colombes.
Mais, il reste que la gauche progresse. A Paris, Bertrand Delanoe augmente son score de prés de dix points. Le candidat socialiste Guerini est en situation d'inquiéter Jean-Claude Gaudin à Marseille
Rouen, Laval, Alençon, Bourg-en-Bresse, Annonay et Rodez ont viré à gauche, .Le PS conserve dès le 1er tour ses bastions de Dijon, Le Mans, Poitiers, Cherbourg, La Rochelle, Tourcoing, Auxerre .Il est aussi très bien placé à Lille, Caen, Strasbourg, Rennes, Brest, Hénin-Beaumont , Quimper et Narbonne, Blois et Mende. Toulouse pourrait virer à gauche.
Le parti communiste garde ses villes phares comme Martigues et ;alors que sa déroute était annoncée, il conquiert de nouvelles cités comme Dieppe et Vierzon.
L'interprétation de ces succès fait naturellement l'objet de controverses.
Rappelons qu'il est de tradition que les élections locales infléchissent les résultats des élections nationales comme si les électeurs ne voulaient pas mettre tous les oeufs dans le même panier.
La situation économique plutôt morose explique également cet avertissement adressé par les électeurs au pouvoir.
Il s'agit plus d'un vote à gauche par défaut que d'un vote d'adhésion.
Chacun sait en effet que le PS est en crise et qu'il doit tout à la fois chercher ses nouveaux leaders et moderniser sa doctrine.
Le succès relatif du Modem démontre que les électeurs sont à la recherche d'une troisième voie. Avec prés de 4% des voix le mouvement de François Bayrou est en situation d'imposer des triangulaires ou d'être le maître du second tour dans un certain nombre de grandes villes.
Ce premier tour des élections municipales est comme une fusée de détresse adressée par les électeurs à Nicolas Sarkozy.
Il reste à savoir si le second tour démontrera qu'il s'agissait d'un avertissement sans frais ou si, au contraire, les électeurs de dimanche prochain souhaiteront sanctionner le pouvoir.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, municipales, SARKOZY
MUNICIPALES ET CONFUSION POLITIQUELa campagne pour les élections municipales s’achève dans une grande confusion politique.
Cette situation s’explique en partie par le fait que les enjeux locaux l’emportent souvent sur les considérations nationales. C’est bien normal dans un scrutin destiné à choisir des gestionnaires compétents et proches des gens.
Mais, les résultats du vote seront largement tributaires de considérations nationales et celles-ci influenceront les résultats globaux. Et c’est là que règne un grand désordre.
La droite est érodée par deux facteurs .L’érosion de l’image du Président de la République plombe quelque peu les listes de l’UMP. Mais c’est surtout la situation économique morose qui peut donner aux électeurs l’idée de donner une leçon à la majorité sans trop de frais.
Le Parti Socialiste devrait être le principal bénéficiaire de cette érosion. Mais ses progrès éventuels ne peuvent dissimuler le désordre qui s’est installé dans le grand parti de gauche. La lutte des courants s’accentue tandis que se profile un choc frontal entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë .es alliances classiques avec ce qui restez de la gauche non socialiste sont souvent remplacées par des conjonctions moins orthodoxes ;
Le Modem est parfois le bénéficiaire de cette évolution mais il pratique des alliances conjoncturelles en ordre dispersé.
A l’évidence, la société française est à la veille de grandes recompositions politiques. C’est pour l’heure le temps de la confusion
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, municipales, SARKOZY
LES MUNICIPALES/ : DES ELECTIONS LOCALES NATIONALISEES
En visite à Pau le 21 janvier 2008 Nicolas Sarkozy a déclaré à propos des prochaines élections municipales :
«Je n'ai pas à me mêler de la campagne municipale »et, il a ajouté «Je ne veux pas me mêler du détail des municipales dans chacune des villes de France, ce n'est pas mon travail. Je ne vais pas m'engager sur chacun des combats municipaux.
»Certains commentateurs ont estimé que ces propos étaient en contradiction avec ceux tenus par le Chef de l’Etat le 8 janvier , lors de ses vœux à la presse, lorsqu’il affirmait: «je m'engagerai parce que le concept même d'élections dépolitisées est absurde»,
Il n’y a, à vrai dire, aucune incohérence dans ces propos successifs :les municipales sont des élections locales nationalisées !
DES ELECTIONS LOCALES
Les élections municipales sont des élections locales au cours desquelles les citoyens recherchent des édiles compétents et proches d’eux. Ce qui explique que des électeurs qui votent à droite sur le plan national puissent opter pour un choix à gauche pour les locales ou l’inverse.
.
Dans plusieurs enquêtes d'opinion récentes, les électeurs disent leur refus de faire des municipales un scrutin national. Ainsi en ce début d’année 2008 73% des sondés de l’enquête Figaro Opinionway jugent qu'elles représentent un enjeu «local» et seuls 26% d'entre eux souhaitent les «nationaliser».
C’est ce qui explique que, lors des municipales, de nombreux élus mettent leur carte partisane dans leur poche et concluent des alliances qui apparaîtraient contre nature lors des législatives.
En ce sens, Nicolas Sarkozy a raison de dire qu’il n’a pas à s’en mêler :
DES ELECTIONS NATIONALISEES
Et pourtant les élections municipales sont liées au débat politique national.
Sauf exception, ce sont les partis politiques qui confèrent les investitures /Même s’ils doivent tenir compte des poids locaux, ils cherchent à se rattacher le maximum de candidats/ N-oublions pas que les élus locaux participent entre autres à l’élection des sénateurs c'est-à-dire d’élus nationaux/
Quant aux électeurs, s’ils s’inspirent principalement de facteurs locaux, ils n’en tiennent pas moins compte de leurs préférences politiques et plus la ville est grande et plus ce facteur est prépondérant. C’est dire que, si une évolution des opinions politiques se produit, elle entraine nécessairement des gains ou des pertes pour l’un ou l’autre des camps politiques. On estimera alors que les électeurs ont, selon le cas, envoyé un avertissement au pouvoir en place ou confirmé le parti majoritaire.
C’est ce qui explique, qu’au lendemain des municipales, chaque parti engrangera ses succès ou comptabilisera ses défaites ce qui est bien la marque d’un scrutin national comme l’a dit, en d’autres termes, le Président de la République.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, municipales, SARKOZY