L’AVION ET LE VOLCAN
Des millions de voyageurs privés d’avion durant plusieurs jours, des millions de dollars perdus par les compagnies aériennes ,tel est le bilan provisoire de cet arrêt de la navigation aérienne provoqué par le nuage de cendres volcaniques projeté dans l’atmosphère par le volcan Eyjafjöll en Islande.il s’agit d’une paralysie du transport aérien encore plus grave que celle qui fut provoquée par les attentats de New York en septembre 2001.Cet évènement appelle plusieurs réflexions.
LA NATURE N’EST PAS TOUJOURS UN EDEN
La première concerne le relatif silence des écologistes. Ceux-ci imaginent que la nature est toujours bonne et que l’influence de l’homme est toujours négative. Or, en l’espèce, c’est un évènement naturel qui est à l’origine de la débâcle aérienne. Une occasion de rappeler que si l’homme doit respecter les grands équilibres de la planète, tout ce qu’il entreprend n’est pas forcément mauvais. Que l’on songe aux efforts pour maîtriser les inondations, aux luttes contre les parasites et les espèces nuisibles. Cette affaire doit être une occasion de remettre en perspective les équilibres en jeu dans notre société et de rappeler que l’écologie n’est qu’un des impératifs du gouvernement des hommes et non un dogme totalitaire.
LE PROGRES SCIENTIFIQUE N’EST PAS CONTINU
Nous nous sommes habitués à la régularité et à la vitesse du transport aérien et nous nous plaignons lorsque notre vol est retardé. Les évènements actuels viennent nous rappeler l’extrême fragilité de cet instrument de transport.
Déjà l’arrêt de Concorde nous avait montré que le progrès n’est pas continu et que nous pouvons connaître des régressions. Depuis cet évènement, plus aucun avion civil ne vole à une vitesse supersonique. L’arrêt provisoire de la circulation aérienne a redonné toute leur vigueur au transport maritime, au train, à la voiture, au taxi. Ce mouvement ne fait que confirmer des évolutions en cours .Ainsi pour des distances de moins de 1000 km le train à grande vitesse est plus performant que l’avion. Pour le tourisme de loisir, les paquebots modernes sont plus confortables et ludiques que l’avion.
L’INSUFFISANCE DE NOS CONNAISSANCES
Le transport aérien s’est développé plus rapidement que l’état de nos connaissances sur le milieu naturel. Certes, le nuage volcanique est dangereux pour les avions. Ses particules riches en silice de moins de deux millimètres, aux arêtes tranchantes, ont un effet abrasif qui érode le fuselage et les ailes . Elles peuvent également provoquer un arrêt des réacteurs. En 1982, à cause de l’éruption du volcan Galungung en Indonésie, un Boeing 747 de la British Airways qui volait à plus de 12 km d’altitude a chuté .Le pilote n’a pu faire repartir les réacteurs qu’au bout de 13 minutes, une fois que les palettes ont pu se débarrasser du dépôt vitrifié.
Mais si le danger est connu il n’a pu faute de moyens d’observation scientifiques adéquats être exactement mesuré en l’espèce. Au point que les compagnies n’ont eu à leur disposition qu’une méthode fort peu scientifique : faire voler un avion sans passagers dans la zone à la dangerosité affirmée. Ce qui, on le reconnaîtra , relève d’un empirisme désuet.
LE PRINCIPE DE PRECAUTION
C’est en définitive au nom d’un principe de précaution largement entendu que les autorités ont pris la décision d’interrompre totalement la circulation aérienne.
Aujourd’hui, parce qu’aucun accident n’est survenu, on serait tenté de le leur reprocher. Mais, en sens inverse, on les aurait sans nul doute mises en cause si elles avaient laissé le trafic s’écouler et qu’un accident se produise.
Il faut cependant se demander si l’application, à tort et à travers, du principe de précaution n’aboutit pas à paralyser les activités humaines les plus modernes et ne bride pas, de façon excessive la créativité et l’esprit d’entreprise sans lesquels l’aviation ne serait pas aujourd’hui ce qu’elle est.
Charles Debbasch
Labels: avion, blog debbasch, VOLCAN
FRANCOPHONIE : FORCES ET FAIBLESSES
A l'occasion du quarantième anniversaire de la francophonie, Nicolas Sarkozy a insisté sur les succès de l'univers francophone.
UNE FRANCOPHONIE RAYONNANTE
Le 20 mars 1970 à Niamey, 21 pays seulement avaient créé l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT). Cette instance -devenue en 2005 l'Organisation internationale de la francophonie (OIF)- rassemble aujourd'hui 70 Etats et gouvernements (56 membres et 14 observateurs) qui totalisent 870 millions d'habitants, soit 13% de la population mondiale. Un pays membre de l'Onu sur trois est aujourd'hui membre de l'OIF ou observateur. Il y a 200 millions de francophones de par le monde.
Le président Sarkozy a appelé les membres de l'Organisation internationale de la francophonie à faire de celle-ci une arme internationale contre le "monolinguisme" et la "monoculture" du monde anglo-saxon.
Il a également plaidé pour une transformation de cette organisation en bras politique des pays francophones. Elle doit rassembler derrière sa bannière tous ceux qui se sentent menacés par l'"aplatissement du monde" et porter des combats politiques comme la réforme de la gouvernance internationale, la lutte contre les changements climatiques, la réforme de l'Onu, le développement."A quoi cela servirait-il d'avoir des valeurs communes si nous ne transformions pas cette adhésion (...) en prise de positions politiques ?" a-t-il fait valoir. "Je vous garantis qu'à ce moment-là, on ne sera pas un sur trois à l'Onu, on sera beaucoup plus forts."
La défense de la francophonie doit aussi permettre d'assurer la diversité culturelle "Défendre notre langue, défendre les valeurs qu'elle porte, c'est au fond se battre pour la diversité culturelle de notre monde", a déclaré le chef de l'Etat français. "Le problème n'est pas l'anglais, le problème c'est le monolinguisme, c'est le prêt-à-porter culturel, c'est l'uniformité''
Nicolas Sarkozy a déploré le "complexe" d'une francophonie qui serait "la seule à ignorer sa force". Pour lui, nous ne sommes pas dans une forteresse assiégée.''
UNE FRANCOPHONIE DECLINANTE
Il n'empêche la francophonie ne se porte pas bien.
Notre diplomatie n'y a jamais vraiment adhéré. Les chantres de la francophonie furent de grands africains comme Senghor ou Bourguiba plutôt que des Français. Ce sont des politiques qui l'imposèrent au Quai d'Orsay dont la bureaucratie se complait dans un mondialisme dans, lequel la France se perd. .Nicolas Sarkozy a justement relevé l'"espèce de snobisme" des diplomates français "qui sont tellement heureux de parler anglais". "La francophonie est pour la diplomatie française une priorité. Encore faudrait-il que tous les diplomates français y croient", a-t-il déclaré. Il a invité les dirigeants des pays de l'OIF à défendre le statut de langue de travail du français dans les organisations internationales et exhorté leurs représentants à y être les "ambassadeurs de l'intransigeance francophone".
Le recul du français dans la vie internationale est consternant.
On ne recense actuellement que 200 millions de francophones dans le monde, dont 72 millions de "locuteurs partiels". Le français est la 9e langue de la planète, la 3e sur la Toile: 5% des pages internet sont rédigées en français, contre 45% en anglais et 7% en allemand.
La langue française perd de l'influence partout, sauf sur le continent africain, qui compte à lui seul 96,2 millions de francophones. A la Commission européenne, selon l'OIF, la part des documents d'origine rédigés en français est passée de 40,4% en 1997 à 28% en 2003 et sans doute un quart aujourd'hui.
La France, enfermée dans une vision trop hexagonale est souvent tentée de considérer le ''glacis'' francophone comme une charge plutôt que comme une chance. Les moyens de la francophonie ne sont pas à la hauteur des ambitions. Par exemple, les besoins pour la reconstruction d'Haïti se montent pour 2010 à un milliard d'euros. L'OIF elle n'a pu envoyer que 100000 euros.
Une langue forte doit être portée par une économie puissante.
Le déclin de la francophonie n'est guère que le reflet du déclin économique de la France.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, FRANCOPHONIE, SARKOZY
VILLEPIN DE CLEARSTREAM AU GULF STREAM
Dominique de Villepin a-t-il voulu ajouter un chapitre à l’histoire compliquée de ses rapports avec Nicolas Sarkozy, on peut se le demander à la lumière de cet évènement récent.
Visitant une porcherie en Bretagne, l’ancien Premier ministre a lancé aux journalistes un porcelet dans les bras :
« Il vous rappelle quelqu'un ? Moi aussi »
Plusieurs des témoins de la scène, ont aussitôt pensé à Nicolas Sarkozy
Un des journalistes présents lui demande : « il ne s'appelle pas Nicolas » ?
L'ancien Premier ministre répond « Non », avant d'ajouter : « regardez, il est sympathique ».
Devant les commentaires auxquels a donné lieu cette scène Dominique de Villepin a fourni une tout autre explication. Il assure qu'il ne pensait pas à Nicolas Sarkozy mais à une scène des »Bronzés font du ski ». où Christian Clavier, médecin, est appelé pour soigner un cochon prénommé « Copain ». Pourquoi Copain ? « Parce que copain comme cochon »
L’histoire ne dit pourtant pas si dans l’affaire Clearstream Nicolas Sarkozy a été la victime d’un tour de cochon imaginé par Dominique de Villepin. La droite, comme naguère la gauche, est maintenant aux prises avec les courants.
Sans doute arrivé à bon ‘’porc’’ en Bretagne, Dominique de Villepin ne pensait qu’au Gulf Stream pour réchauffer ses rapports avec le chef de l’Etat.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, SARKOZY, VILLEPIN
SARKOZY ET LA REFORME DES RETRAITES
Nicolas Sarkozy vient d’annoncer une prochaine réforme du régime des retraites. Il existe une différence entre les règles des mathématiques et celles de la politique. Les chiffres des retraites sont clairs .Le vieillissement de la population et l’augmentation des inactifs déséquilibrent notre système de retraite. Mais la solution politique n’est pas facile à mettre en œuvre car toute modification des droits acquis et de l’âge du départ du départ à la retraite soulèvent des lourdes hostilités des partenaires sociaux. C’est pourquoi, face au déséquilibre démographique, le Président de la république s’est contenté pour l’instant de définir une méthode pour la réforme sans préconiser de solution.
LE DESEQUILIBRE DEMOGRAPHIQUE
La France, en 1945, a fait le choix d'un financement par répartition c’est à dire que les retraites sont financées par un prélèvement sur les actifs. Les actifs paient les pensions des retraités. Mais ce système est lé à la pyramide des âges. Or, la conjonction d’un faible taux de natalité et les progrès de l’espérance de vie accentuent le vieillissement de la population .On compte aujourd'hui, quatre personnes de plus de soixante ans pour dix personnes de vingt à soixante ans. En 2040, on en comptera sept. Le taux de dépendance des personnes âgées – le rapport entre les personnes de 65 ans et plus et celles âgées de 20 à 64 ans – passera de 25 % actuellement à 50 % en 2050. Il y aura davantage de personnes âgées, mais moins de personnes d’âge actif pour les prendre en charge financièrement. Se trouve ainsi posé le problème du financement des retraites. Le déficit de la Caisse Nationale d’Assurances Vieillesses n’a cessé de s’accentuer. Il était, en 2005, de 1,8 milliard d'euros ; en 2006, il a continué à se creuser à 2,4 milliards d'euros .Il se situe aujourd’hui autour de 5 milliards d’euros.
Pour assainir le système, les solutions ne sont pas infinies. On peut soit accroître le montant des prélèvements obligatoires, soit réduire les pensions. Ces deux solutions sont politiquement sensibles et difficiles à mettre en œuvre. Reste alors une décision que nombre de pays européens commencent à pratiquer : augmenter les taux d’emploi des personnes âgées à travers un allongement de la vie active. Pour ce faire il faut allonger la durée de cotisation ouvrant une retraite à taux plein et retarder l’âge du départ en retraite.
LA METHODE SARKOZY
Le constat du Chef de l’Etat est clair. "compte-tenu du temps que les mesures que nous prendrons mettront à produire leur plein effet, si nous voulons sauver le système de retraite, nous ne pouvons plus différer les décisions". Mais le Président s’est bien gardé de définir les axes de la réforme.il a simplement proposé une méthode faite d’une large concertation avec les partenaires sociaux. La concertation, a-t-il dit, commencera "début avril" quand le Conseil d'orientation des retraites (COR) fera connaître ses projections financières sur l'équilibre des régimes. Ensuite, "Au début du mois de septembre, le gouvernement prendra ses responsabilités et déposera un texte" au Parlement,
Cette méthode consensuelle ne peut cependant dissimuler qu’il y aura une tension à terme. Les syndicats privilégient en effet la solution de facilité : l’augmentation des prélèvements obligatoires et notamment de l’impôt sur le capital. Tandis que le gouvernement s’orientera davantage vers le recul de l'âge légal de départ en retraite et l'allongement de la durée d'activité.
C’est vers cette dernière voie que s’orientent nos partenaires européens et il sera difficile à la France de réduire encore la compétitivité de son économie en aggravant des charges déjà trop lourdes.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, RETRAITES, SARKOZY
PERSPECTIVES DES ELECTIONS REGIONALES
La gauche détient à ce jour 20 des 22 régions métropolitaines.
L’enjeu des prochaines élections est donc simple. La gauche est-elle encore en mesure de progresser en enlevant toutes les régions françaises ? La droite a-t-elle une chance de sauver les meubles ou de conquérir d’autres régions ?
DEBAT NATIONAL OU ENJEU LOCAL
Comme toujours, à la veille d’une élection locale, la question est posée de savoir s’il s’agit d’un débat national ou si l’enjeu est purement local. Le pouvoir lui-même a été hésitant puisque Nicolas Sarkozy après avoir marqué son intention de s’impliquer dans la campagne des régionales, s’est quelque peu effacé et a laissé le Premier ministre remplir son rôle de chef de file de la majorité. En fait , les élections régionales, se déroulant à la différence des municipales dans de grandes circonscriptions, sont nécessairement tributaires de la situations des forces politiques sur le plan national. Elles donnent donc une photographie de l’état de l’opinion.
Trois facteurs pèsent sur la consultation.
Un élément traditionnel, tout d’abord, les consultations locales sont, en général, une occasion pour l’opinion de se défouler et de sanctionner le pouvoir en place.
La conjoncture économique morose renforce cette tendance. Les Français sont inquiets devant la dégradation de l’emploi et du tissu industriel. Ils sont assez pessimistes sur l’évolution prévisible de la société.
Enfin, l’équation personnelle de Nicolas Sarkozy est quelque peu écornée comme c’est souvent le cas à mi-mandat.
QUEL ESPOIR POUR LA GAUCHE
Tous ces facteurs devraient logiquement favoriser la gauche qui peut espérer recueillir les déçus du pouvoir. Mais la gauche a ses propres handicaps.
Ses succès mêmes la rendent fragile. Elle contrôle tant de régions que la perte d’une seule d’entre elles sera interprétée comme un échec.
Les divisions de la gauche n’ont pas été comblées. Les écologistes rassemblent les déçus des partis traditionnels et mordent sur les flancs du PS. La nouvelle gauche bénéficie de la crise du modèle libéral auquel le PS s’est rallié juste au moment où il allait être remis en cause. La guerre des chefs au PS ajoute à la confusion sans oublier les rébellions comme celle de Frêche en Languedoc Roussillon qui peuvent coûter cher au parti.
Dans ces conditions, les progrès du PS relèveraient du miracle, le maintien de ses positions serait considéré comme un exploit, la perte d’une région apparaitrait comme le début de la fin.
QUELLES PERSPECTIVES POUR LA DROITE
A l’évidence la droite ne part pas gagnante.
Elle a fait certes pour l’essentiel son unité autour de l’UMP même si elle a du payer cher en sièges le ralliement des petites formations. Unie dés le premier tour, ses réserves de voix pour le second sont hypothétiques. Le Front National peut être tenté de jouer dans certaines régions la politique du pire. Quant au Modem, il figure de plus en plus dans le désordre. Son chef rêve de voir les électeurs de droite et de gauche s’unir autour de lui lors de la prochaine présidentielle. Ses troupes inclinent plutôt vers la droite.
Il n’empêche. Partant de très bas, la droite peut espérer progresser quelque peu sauf si l’humeur économique se dégradait davantage à proximité de l’élection.
Reste sans doute un des plus grands partis de France, celui des abstentionnistes qui se nourrit de la désillusion des électeurs désorientés par une société dont ils ne maitrisent plus les clés.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, ELECTIONS REGIONALES, MODEM, PC, PS, UMP
SEX BOMB
Jusqu’à ce jour je n’avais pas exactement compris le sens de l’expression bombe sexuelle. Certes, chacun d’entre nous peut percevoir que l’on applique un qualificatif d’exception à une personne du sexe opposée dotée d’attributs de féminité susceptibles d’éveiller les sens d’un homo sapiens en hibernation. Mais tout de même quelle exagération d’employer cette expression de bombe sexuelle. Comme si ces femmes exceptionnelles étaient capables de tout faire sauter sur leur passage !
Et puis je suis tombé sur une dépêche d’agence dont je ne peux confirmer l’exactitude.
D’après son rédacteur, les services secrets britanniques auraient découvert une nouvelle menace terroriste. Certains médecins, formés sur le sol anglais, seraient désormais capable d'incorporer des bombes dans des implants mammaires. Ainsi dissimulés, les engins explosifs deviendraient indétectables par les dispositifs de sécurité.
De deux choses l’une.
Ou bien, la nouvelle est exacte et, alors, il ya lieu de s’inquiéter et d’interdire aux femmes dotées d’implants mammaires de prendre l’avion.
Ou bien, il s’agit d’une nouvelle fantaisie des agents préposés à la fouille dans les aéroports qui, non contents de vous faire enlever chaussures et ceintures, ont commencé à palper les différentes parties du corps. Ils auraient décidé d’ajouter un peu de fantaisie à leur mission en explorant dorénavant les poitrines des passagères.
Les queues vont encore s’allonger à l’embarquement.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, IMPLANTS MAMMAIRES, SEXE, TERRORISME
LES IMPASSES DES SOCIETES DEVELOPPEES
La crise économique que traversent les sociétés développées a des aspects conjoncturels qui sont susceptibles de trouver une solution par la reprise de la croissance. La crise agit cependant comme un révélateur des problèmes idéologiques et structurels que l’euphorie économique de ces dernières années dissimulait.
UN UNIVERS POLITIQUE EN PANNE D’IDEOLOGIE
La mort du communisme avait entrainé une exaltation libérale, le règne de l’initiative privée et du profit. La crise a remis en cause le postulat libéral et revalorisé le rôle des Etats. Elle a crée une situation de vide idéologique. Les deux grands camps socialiste et libéral ont perdu les tables de leur religion et se trouvent à nu. Ce qui explique la montée de mouvements extérieurs à la classe politique traditionnelle comme les altermondialistes ou les écologistes.
LE ROLE DE L’ETAT EN QUESTION
Les Etats développés étaient lancés avant le début de la crise dans un processus de dégraissage. Ils cherchaient à resserrer leur action sur les attributs de souveraineté et à alléger leurs services publics sociaux ou économiques.
Sur ces deux points, la crise remet en cause les réformes envisagées. Le développement de poches de pauvreté, l’augmentation du chômage exigent un renforcement des structures de solidarité. Les risques de désertification industrielle rendent nécessaire l’action salvatrice de l’Etat dans des secteurs de plus en plus nombreux.
Il faut donc tout à la fois augmenter les dépenses et tenter de tailler dans les branches mortes des services publics. Mais cette action est lente et difficile et partout les déficits se creusent et l’endettement se développe. Les Etats sont lancés dans des mécanismes de cavalerie qui reportent à des lendemains qui déchantent ce qu’ils n’ont pas la puissance de faire aujourd’hui.
LE VRAI PROBLEME
Le développement des charges collectives dans les pays développés est tel qu’il entraine un déplacement progressif des forces productives vers les pays émergents. Chacun sait par exemple que l’industrie automobile se déplace vers ces Etats à faible coût de main d’œuvre et les mesuras d’assistance actuelle ne sont que cautères sur jambes de bois. C’est dire que lentement les centres de création de richesses sont en train de se déplacer.
La prise de conscience de cette réalité dans les Etats développés commence à se faire jour. Mais on ne change pas du jour au lendemain les pratiques d’une société habituée à l’abondance.
Il reste alors un bouc émissaire tout trouvé, le pouvoir politique du moment, qu’il est facile de charger de tous les péchés alors que l’hérésie est collective.
Charles Debbasch
Labels: automobile, blog debbasch, chomage, CRISE ECONOMIQUE, economie, ideologies
UN NOUVEAU LIVRE DU DOYEN DEBBASCH
LA
SARKOZYE GOUVERNANTE
2008 avait été l’année de l’apprentissage. En 2009, se fixent les grands équilibres du nouveau pouvoir. Le style de l’action présidentielle a été remis au diapason des souhaits des électeurs : moins impulsif et plus rigoureux. L’équipe de l’Elysée maîtrise, à présent, parfaitement la conduite de l’appareil de l’Etat.. La révision constitutionnelle accroit considérablement les pouvoirs du parlement et contrebalance heureusement la tentation présidentialiste. Le pouvoir exécutif n’est plus le maître absolu du jeu. Il doit désormais composer avec les parlementaires, y compris ceux appartenant à sa propre majorité. Miné par une guerre de succession, le PS est affaibli et il peine à retrouver les lignes d’un nouveau programme. La décrépitude du PC ajoute à la confusion à gauche. Ce champ de ruines laisse une large place à l’extrême gauche La crise économique et financière peut, cependant, à terme, permettre à l’opposition de retrouver quelque vigueur unitaire. Nicolas Sarkozy avait souhaité être le président du pouvoir d’achat. Il doit à présent chercher à redonner à l’Etat un rôle moteur dans l’économie pour surmonter la crise. C’est cette lente émergence d’une nouvelle société que révèle cet essai «LA SARKOZYE. GOUVERNANTE »L’auteur riche d’une longue expérience éditoriale-qui l’a conduit du journal Le Monde au Figaro en passant par Jeune Afrique et le groupe de presse Rhône-Alpes y livre ses réflexions sur les mutations de la France dans cette année de maturation du nouveau pouvoir Cette chronique écrite d’une plume alerte et sans complaisance aidera à mieux comprendre les lignes de force de la France en mutation.
Charles Debbasch a poursuivi une brillante carrière universitaire et politique. Agrégé des Facultés de Droit à 24 ans. Il est ensuite le plus jeune Doyen de Faculté, puis, le plus jeune Président d’Université à Aix-Marseille. Membre du Cabinet d’Edgar Faure à l’Education nationale, il est Conseiller à la Présidence de la République sous le septennat giscardien. Spécialiste des médias il a notamment dirigé pendant dix ans le groupe de presse Dauphiné Libéré-Lyon Matin Auteur d’une soixantaine d’ouvrages, il est aujourd’hui ministre, conseiller spécial du Président de la République togolaise Faure Gnassingbé
L’HARMATTAN ISBN : 978-2-296-11278-0 • février 2010 • 246 pages
version numérique (pdf texte) : 6 656 Ko
Prix éditeur : 22,5 € / 148 FF
Labels: blog debbasch, sarkozy.debbasch
LE SEXE DE L’AMBASSADEUR
C’est un Ambassadeur pakistanais. Diplomate confirmé, il a rempli de nombreuses missions importantes.
Bien qu'ayant servi depuis plusieurs années en tant que fonctionnaire des affaires étrangères de son pays, il n'a pas reçu l'agrément pour être nommé ambassadeur du Pakistan en Arabie saoudite.
Ses compétences ne sont pas en cause. On lui reproche simplement son patronyme. Il s’appelle Akbar Zeb ce qui signifie en langue arabe gros sexe. Pour les mêmes motifs , le Pakistan qui avait déjà proposé Akbar Zeb pour les postes d'ambassadeur aux Emirats Arabes Unis et au Bahreïn avait été recalé. Le journal Arab Times précise : «On peut penser que le fait de proposer le nom de Zeb à des pays de langue arabe est une forme de punition de la part du ministère pakistanais des Affaires étrangères, ou le résultat d'une boulette particulièrement flagrante.»
En France, une telle discrimination par le nom ne serait pas possible. Akbar Zeb pourrait saisir la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité. pour la discrimination dont il est victime. En effet, parmi les 18 critères de discrimination interdits figure le patronyme.
Il n’empêche. On peut imaginer que chaque apparition d’un tel ambassadeur dans un lieu public provoquera quelque curiosité. Il n’y a pas de fumée sans feu.
Charles Debbasch
?
Labels: blog debbasch, HALDE, NOM RIDICULE
CAF....OUILLAGES
LES QUATRE FAUTES D'ISSA HAYATOU
En décidant la suspension du Togo pour les deux prochaines Coupes d'Afrique (suspension pour 4 ans et une amende de 26.250.000 fcfa)le président Hayatou de la Confédération africaine de football a pris une décision indigne qui ne fait que s'ajouter à une longue suite de fautes.
PREMIERE FAUTE LA DESINFORMATION
Lorsque la délégation togolaise est mitraillée au Cabinda, les instances de la CAF parlent d'abord de l'éclatement d'un pneu,Puis, lorsque l'attaque est dévoilée par les medias, Hayatou reproche à l'équipe du Togo d'être venue en bus et non en avion;Or l'équipe s'était bien rendue au Congo voisin en avion et avait l'encadrement militaire de l'Angola pour faire ces quelques kilomètres en bus.
DEUXIEME FAUTE LA TENTATIVE DE CORRUPTION DE L'EQUIPE
Lorsque les joueurs décident de rentrer au Togo, des émissaires de la CAF viennent proposer des sommes d'argent conséquentes à l'équipe du Togo pour l'inciter à rester dans la compétition. Contrairement à ce que dit Hayatou, ce n'est pas le gouvernement seul qui a demandé à l'équipe de rentrer au Togo mais c'est une décision concertée avec l'équipe que la CAF a tenté de remettre en cause,
TROISIEME FAUTE LA NON PARTICIPATION DE LA CAF AUX OBSEQUES DES TOGOLAIS
Issa Hayatou s'est abstenu de participer aux obséques. Quant au ministre angolais des Sports , il s'est déconsidéré en se déclarant satisfait du déroulement de la Coupe et en parlant simplement de petits incidents.
QUATRIEME FAUTE LA SANCTION
Il ne manquait plus pour parachever la dérive de la CAF qu' à punir le Togo d'avoir été mitraillé alors que la CAF n'avait pas été capable de maintenir l'ordre public. Hayatou a osé le faire entraînant de vives réactions des joueurs.Emmanuel Adebayor capitaine de la sélection du Togo, est monté au créneau pour tancer les dirigeants de la CAF. Pour lui, Issa Hayatou « doit dégager » avant d’expliquer « nous avions perdu deux membres de notre délégation dans la fusillade de Cabinda, et nous étions obligés de rentrer. Le pire, c’est qu’Issa Hayatou était venu nous rencontrer et nous avait promis de soutenir notre décision. C’est ce que je ne comprends pas. Aujourd’hui, je le dis haut et fort : c’est un irresponsable ».
Dés lors il ne reste plus au Togo que les voies de la justice.
L'instruction pénale révèlera à coup sur le poids des interêts qui ont guidé Hayatou dans son délire.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, caf, FOOTBALL, hayatou, togo
L'AFFAIRE CLEARSTREAM, LA VICTIME,LES COUPABLES ET LE PROCUREUR
Le tumulte assourdissant qui a entouré le jugement rendu par le Trbunal de Paris le 28 janvier 2010 dans l'affaire Clearstream où s'entremêlent des données juridiques et l'affrontement politique Sarkozy-Villepin trouble la compréhension du dossier au point que l'on en arrive à confondre les victimes et les coupables,Tenons-nous en donc aux simples données juridiques.
LA VICTIME :NICOLAS SARKOZY ET AUTRES
Pour mettre en cause Nicolas Sarkozy et diverses autres personnalités, des commanditaires aidés par des complices ont falsifié des listings bancaires de la banque Clearstream en y ajoutant plusieurs noms dont celui de l’actuel Président de la République. Ont été également visées plusieurs personnalités politiques ayant exercé des responsabilités dans l'industrie, la défense ou au ministère de l'intérieur - Alain Madelin, Jean-Pierre Chevènement, Dominique Strauss-Kahn, Charles Pasqua . Il s'agissait de faire croire à l'opinion publique que toutes ces personnes détenaient des comptes bancaires cachés à l'étranger,Nicolas Sarkozy était principalement visé par la manipulation,L'objectif recherché était de l'exclure de la compétition présidentielle.
L'actuel chef de l'Etat est donc dans l'affaire Clearstream la victime principale .C'est lui que des manipulateurs ont voulu atteindre par la falsification et la manipulation.On aurait tort d'oublier cet aspect essentiel de l'Affaire.
LES COUPABLES CONDAMNES PAR LE TRIBUNAL
Deux condamnations principales touchent les responsables de la falsification des listings ou de leur divulgation.
Jean-Louis Gergorin ,l'ancien vice-président exécutif d'EADS, corbeau de l'affaire, a été condamné à trois ans de prison, dont 21 mois avec sursis, et 40.000 euros d'amende pour dénonciation calomnieuse, usage de faux et recel d'abus de confiance.Le parquet,pour sa part, avait requis trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 45.000 euros à son encontre.
Imad Lahoud, le mathématicien falsificateur des listings Clearstream, a été condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 40.000 euros d'amende pour complicité de dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux et recel d'abus de confiance.
Pour sa part,le parquet avait requis deux ans de prison, dont six mois avec sursis, et 45.000 euros d'amende à son encontre pour dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux et recel d'abus de confiance.
LA RELAXE DE DOMINIQUE DE VILLEPIN
La Justice avait la difficile tache d’établir si Dominique de Villepin avait simplement souhaité faire établir la vérité des faits ou s’il avait, au contraire, appuyé sur l’accélérateur pour mettre en cause Nicolas Sarkozy.
L'ancien premier ministre bénéficie d'une double relaxe.
Le tribunal estime d'une part que la preuve n’est pas rapportée à l’encontre de Dominique de VILLEPIN de l’existence tant d’une instruction, donnée en connaissance de cause, de commettre le délit de dénonciation calomnieuse dont il aurait été l’instigateur, que d’une abstention d’empêcher la réitération de la dénonciation qu’il aurait su calomnieuse, susceptible de constituer un acte de complicité .
D'autre part, le tribunal estime qu'il résulte de l’information et les débats que Dominique de VILLEPIN ignorait jusqu’au 15 octobre la provenance exacte des documents ; que la preuve n’est pas rapportée qu’il les ait eus matériellement en sa possession ; qu’il n’est pas établi que Dominique de VILLEPIN ait concouru par l’instruction de saisir le juge Renaud VAN RUYMBEKE, à la remise à ce magistrat des documents de provenance frauduleuse au travers des envois des 3 mai, 14 juin, 20 août et 4 octobre 2004 ; qu’il s’ensuit que le délit de recel n’est pas constitué à son encontre.
Il convient en conséquence de renvoyer Dominique de VILLEPIN des fins de la poursuite engagées à son encontre du chef d’une part de complicité d’usage de faux et d’autre part de recel de vol et d’abus de confiance
Le procureur pour sa part avait conclu à la responsabilité de Dominique de Villepin estimant que l'on avait affaire à une"manipulation complexe d'une ampleur exceptionnelle… l'intrication délibérée du vrai et du faux, l'association réfléchie de faits réels et de calomnie". Les acteurs de cette affaire entretiennent tous "un rapport altéré à la vérité ".
L'APPEL DU PARQUET
Alors que Nicolas Sarkozy avait manifesté son intention d'en rester là, le Procureur de la République a immédiatement relevé appel du jugement entraînant des réactions véhémentes de l'ancien premier ministre. Pourtant, il s'agit d'une procédure habituelle dans des instances où plusieurs protagonistes sont poursuivis simultanément. Il est difficile en appel de saucissonner le dossier.L'appel du Parquet doit permettre un réexamen global de l'Affaire.L'appel du parquet est une décision évidente, selon le Procureur. "Je n'ai pas changé d'opinion, le dossier apporte la preuve irréfutable qu'à la mi-juillet 2004, M. de Villepin savait que les listings étaient faux. Il n'y a pas eu de stratégie concertée avec l'Elysée. Ne retrouver devant la cour d'appel que les seuls Gergorin et Lahoud, c'était un procès tronqué. Je suis cohérent, j'ai une conviction, c'est la conception que j'ai de mon métier."
Ainsi, malgré la personnalité des protagonistes, cette Affaire se situe dans le droit commun de la procédure pénale.
Charles Debbasch
Labels: AFFAIRE CLEARSTREAM, blog debbasch, SARKOZY, VILLEPIN
SARKOZY DANS LA FOSSE AUX LIONS
Les gouvernants -et particulièrement le Président de la République -font toujours l’objet de critiques contradictoires. S’ils se contentent de définir les lignes générales de la politique, on leur reproche d’être « éloignés des gens ».S’ils traitent des problèmes de terrain, on estime qu’ils perdent la majesté de leurs fonctions.
Voilà sans doute pourquoi Nicolas Sarkozy a découpé son intervention sur TF1 du lundi 25 janvier 2010 en deux séquences : au Journal télévisé pour définir les principes et face à un panel de Français pour montrer sa proximité avec les problèmes du quotidien
.Cette seconde partie était évidemment la plus difficile pour le Président. La conjoncture est morose et la crise touche les entreprises et les citoyens. Le Chef de l’Etat paraissait voué à être mangé tout cru dans la fosse aux lions.
Rien de cela n’est advenu. Malgré les redoutables attaques de certains de ses interlocuteurs-notamment celle d’un syndicaliste de l’automobile, Nicolas Sarkozy a réussi à convaincre.
Il est vrai qu’il possédait remarquablement ses dossiers. Il n’a jamais été pris en défaut.
Par ailleurs, il a su rester très calme et ne pas entrer dans les voies de la polémique.
Au total, le Président de la République a réussi une opération de communication particulièrement difficile. 8,6 millions de téléspectateurs en moyenne ont suivi l'émission du président de la République sur TF1.57% de ces Français ont été convaincus.
Cette performance remarquable est à elle seule un événement qui éclipse quelque peu les deux annonces importantes faites par le Président : le maintien de la retraite par répartition et la prévision de la baisse du chômage.
Le Sarkozy de TF1 était du meilleur cru.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, SARKOZY, TF1
HAITI EN DETRESSE
Le terrible tremblement de terre qui vient de frapper Haïti s’est produit dans un Etat dont les structures sociales et politiques sont disloquées. L’ONU y exerce une sorte de tutelle .Devant la défaillance de l’Etat, l’Organisation y entretient depuis quatre ans une lourde mission : 7 000 soldats et 2 000 fonctionnaires cherchent à assurer la gestion et la sécurité d'Haïti.
UNE SITUATION DE CRISE AVANT MEME LE TREMBLEMENT DE TERRE
La mauvaise gouvernance mine les structures de l’Etat. La corruption atteint des niveaux considérables. La sécurité n’est pas assurée. La misère se développe. 80% des Haïtiens vivent en dessous du seuil de pauvreté .76% de la population dispose de moins de 2 dollars par jour. Haïti est classée au 149ème rang sur 182 du développement humain dressé par le PNUD. La déforestation aggrave les dérèglements climatiques. Des ouragans dévastateurs se succèdent. L'ouragan de septembre 2004 a détruit les plantations et a eu de lourdes conséquences humaines : plus de 1 160 morts et 1 250 disparus. Quatre cyclones, en 2008, ont fini de détruire ce qui restait des infrastructures et ont ravagé le secteur agricole. C’est dire que le tremblement de terre de ce 14 janvier est survenu dans une situation déjà profondément dégradée.
LE DRAME DU TREMBLEMENT DE TERRE
Le 12 janvier 2010 un tremblement de terre de magnitude 7 a frappé la capitale et l’Ouest du pays. Les principaux centres de décision du pays dont la présidence ont été touchés. Plusieurs membres du gouvernement sont morts .Plus de 150 casques bleus dont le chef de mission Hédi Annabi et son adjoint sont morts ou portés disparus. Les morts dans la population civile se comptent par dizaine de milliers et les survivants manquent pratiquement de tout.
L’aide internationale qui était supplétive devient à présent la seule solution pour endiguer l’anarchie. Les Etats-Unis aidés par la proximité géographique sont en voie d’y déployer une dizaine de milliers d’hommes pour rétablir l’ordre et dispenser des secours. L’Europe a arrêté également un important programme d’aide.
QUAND UN ETAT DISPARAIT
A l’évidence aucun Etat n’est à l’abri de cataclysmes d’une telle ampleur. Imaginons, par exemple, ce que serait un tel événement se produisant à Nice ou à Los Angeles. Dans un monde moderne où les catastrophes produisent de plus terribles conséquences que dans une société pastorale, il faut mettre en place, à l’échelle internationale, une institution chargée de gérer l’exceptionnel, un plan ORSEC à l’échelle de la planète.
Mais, il faut aussi considérer qu’en Haïti, la dissolution de l’Etat aggrave le problème et qu’au-delà de l’assistance il va falloir élaborer un plan international d’assistance pour la reconstruction de l’Etat haïtien.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, HAITI, ONU, TREMBLEMENT DE TERRE, USA
PHILIPPE SEGUIN L’UNIVERSITAIRE :UN DES PLUS BRILLANTS ETUDIANTS D’AIX-EN-PROVENCE
C’est sans aucun doute l’un des plus grands privilèges de la condition enseignante ; voir éclore des talents dans la fleur de l’âge, les aider à s’épanouir puis, ce qui est plus rarement le cas, les suivre dans leur vie professionnelle .
C’est ma carrière à la Faculté de droit et à l’institut d’études politiques d’Aix-en- Provence qui me permet d’avoir un premier contact dans les années 1966-67 avec le jeune Philippe Seguin.
Le futur magistrat de la Cour des Comptes est alors un ‘’petit‘’pigiste au Provençal de Gaston Defferre et suit à ce titre les activités universitaires. Il me fait part de ses préoccupations. Il poursuit des études littéraires mais souhaite présenter le concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’administration il lui faut donc acquérir un minimum de bases juridiques .
Je lui conseille de s’inscrire à l’Institut d’études politiques d’Aix qui est une excellente passerelle généraliste. Timide , il m’aborde avec un sourire pénétrant et me demande à lui apprendre à affronter les épreuves d’exposé discussion qui sont parmi les plus redoutées des compétitions dans les IEP ou les épreuves de classement de l’ENA. Il me surprend parce qu’il parait avoir déjà tout appris et tout compris .
Il fait partie de ces étudiants qui sont déjà les maîtres de leurs propres professeurs. Mais, le candidat est modeste. Il travaille comme un bulldozer et avale les livres tout en ayant une vie sociale active. Il ne fait pas partie de ces enfants gâtés du septième ou du seizième arrondissement de Paris qui reçoivent dés leur berceau l’ENA en don naturel. Il est un fils de la République, pupille de la Nation, qui a besoin d’être aimé, qui recherche la considération sociale. Il défie le temps à grandes enjambées.
Le voilà reçu à l’ENA alors que j’y officie en qualité de membre des jurys en 1968 et 1969.Nous nous retrouvons parfois pour discuter je suis alors membre du Cabinet d’Edgar Faure qui est considéré comme le diable par la droite universitaire. Philippe Seguin est, comme moi ,perturbé par le mai 1968. Profondément gaulliste, il n’admet pas le nihilisme de la contestation mais sa fibre sociale l’incline à ne pas jeter la pierre aux étudiants et aux ouvriers en colère. Il sort de l’ENA en 1970 dans un rang brillant qui lui permet d’entrer à la Cour des Comptes et je n’aurai heureusement pas à le noter :je viens d’être élu doyen de la Faculté d’Aix-en- Provence et n’ai plus le temps de participer aux jurys de la Rue des Saints Pères. Fréquemment, je vais voir débouler dans mon bureau de président d’Université à Aix le jeune énarque dont la belle famille réside dans le Midi.
C’est une époque agitée dans la vie universitaire de la Cité du Roi René. A la défaveur des découpages universitaires, la Faculté de droit et l’IEP d’Aix ont été englobés dans une Université médicale dont les grands patrons ne comprennent pas grand chose aux sciences économiques et sociales. Nous conduisons alors un grand combat pour la création d’une troisième Université dans la région marseillaise. La lutte est âpre car Gaston Deferre a comme rival le maire socialiste d’Aix Félix Ciccolini et il veut garder le siège de toutes les Universités à Marseille.C’est en 1974 un décret signé Gerge Pompidou qui crée U3.
..La grande histoire retiendra que c’est un jeune conseiller du président de la République qui l’a convaincu. Il s’appelle Philippe Seguin.
L’attachement de Seguin à son Université d’Aix ne se démentira jamais. Il y enseignera à plusieurs reprises et encore à sa mort il présidait le Conseil d’administration de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en- Provence.
Il y avait beaucoup de fidélité dans ce grand homme.
Charles Debbasch
Doyen honoraire
Président honoraire de l’Université de Droit, d’Economie et des Sciences d’Aix-Marseille
Labels: AIX-EN-PROVENCE, blog debbasch, COUR DES COMPTES, PHILIPPE SEGUIN
DES PRECAUTIONS SANS PRINCIPE : A PROPOS DU VACCIN DE LA GRIPPE A
Pour se prémunir contre le risque d’une pandémie due au virus de la grippe A(H1N1), la France a acheté 94 millions de doses de vaccins soit 10% des vaccins du monde. La campagne de vaccination et de prévention contre la grippe A aurait coûté près de 2 milliards d'euros, alors que seulement 5 millions de Français ont été vaccinés. Aujourd’hui, il apparait que le risque a été surévalué. Parce que la pandémie n’a pas été aussi sévère que l’on pouvait le craindre. Parce que la population a été réticente devant un jeune vaccin aux effets secondaires méconnus. Parce qu’à l’usage il est apparu qu’une seule dose de vaccin était suffisante alors que l’on avait imaginé que deux seraient nécessaires.
On se trouve donc aujourd’hui devant un stock excessif de vaccins et la France cherche à annuler ma commande de 50 millions de doses de vaccin. Et la polémique alors de naître et de se développer.
LA POLEMIQUE
Le PS et le Nouveau Centre ont demandé une commission d'enquête parlementaire sur la campagne de vaccination. Le socialiste Pierre Moscovici estime que l'achat massif de vaccins est un dérapage "On a acheté trop de vaccins, cela profite à l'industrie pharmaceutique de façon assez éhontée, cela a un coût pour les finances publiques, de un à 2 milliards d'euros, alors que celles-ci sont quand même dans une situation extrêmement difficile…Nous avons sur-réagi, dans des conditions économiques imprévoyantes et des conditions de finances publiques aberrantes", a également jugé Pierre Moscovici. Le professeur Bernard Debré a souligné : "Le coût est plus que le déficit de tous les hôpitaux français, trois fois le plan cancer, il fallait peut-être un peu plus de prudence".
En revanche, William Dab, ancien directeur général de la santé, estime dans un entretien au Monde que la question du surplus est "une mauvaise querelle". "Au moment de la commande, en juin-juillet, il était assez logique de se mettre en position de pouvoir vacciner toute la population, partant sur l'hypothèse de deux doses nécessaires à une bonne efficacité", affirme-t-il.
"N'importe quel ministre aurait pris cette décision, étant donné la grande incertitude dans laquelle nous étions à l'époque…La seule chose constante avec le virus de la grippe est son imprévisibilité".
LE PRINCIPE DE PRECAUTION
Toutes les critiques émises se situent dans le contexte actuel : la grippe A n’a pas beaucoup sévi. On peut estimer que si la situation avait été inverse et si le gouvernement n’avait pas pris de mesures adéquates, la critique se serait portée sur l’imprévoyance gouvernementale. Il y a donc quelque mauvaise foi à critiquer a posteriori une décision qui a été prise au vu d’un constat sanitaire effectué par l’OMS et dont le gouvernement ne pouvait pas ne pas tenir compte.et rapprochons cette affaire de tous les cas où il a été reproché aux autorités de ne pas avoir pris de précautions sanitaires suffisantes comme pour l’affaire du sang contaminé ou de la canicule.
Il n’en demeure pas moins que le dossier de la grippe A démontre que nous avons atteint les limites du principe de précaution. Les citoyens veulent être protégés contre tous les risques sociaux y compris ceux qui sont imprévisibles. Ceci fait peser sur les responsables une pression excessive car aucun pouvoir ne peut protéger la population contre tout et n’importe quoi. Plutôt que de principe de précaution, il faut parler de précautions sans principe.
Il faut en revenir à un principe simple. L’existence est un risque et l’Etat ne peut être l’assureur des risques imprévisibles. On ne peut faire supporter aux responsables le poids d’une société qui aurait perdu tout sens de la responsabilité.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, GRIPPE A, PRINCIPE DE PRECAUUTTION
SARKOZY : REVEILLER LA FRATERNITE FRANCAISE
En ce 31 décembre 2009, au moment de présenter ses vœux aux Français ? Nicolas Sarkozy devait sans aucun doute s’interroger.
Comment expliquer qu’alors que grâce à la politique qu’il conduit , avec l’assistance de son gouvernement et de sa majorité ,la France bénéficie d’une situation meilleure que ses principaux voisins, le sentiment des Français soit aussi négatif à son égard ?
Comment comprendre qu’en ce temps de mi-mandat le temps soit déjà venu du lynchage médiatique ?
Comment justifier cette sorte de descente aux enfers ?
Car il faut reconnaitre que le bilan présenté par le Président est largement positif.
Grâce à l’intervention économique de l’Etat le choc de la crise économique mondiale a été moins rude qu’on ne pouvait le craindre : ‘’notre pays a été moins éprouvé que beaucoup d’autres. Nous le devons à notre modèle social qui a amorti le choc, aux mesures énergiques qui ont été prises pour soutenir l’activité et surtout pour que personne ne reste sur le bord du chemin.’’
La France a apporté une contribution décisive à la construction d’une nouvelle société internationale. Le G20 dessine les contours d’une nouvelle organisation du monde. Dans son cadre ont été résolus des problèmes qui minaient les économies comme les paradis fiscaux ou les bonus excessifs. Le sommet de Copenhague , malgré ses insuffisances, a permis de faire prendre par tous les Etats des engagements chiffrés de lutte contre le réchauffement climatique et a décidé d’une assistance financière pour les pays pauvres qui sera assurée par la taxation de la spéculation financière. Grâce à l’action de la France et à l’obstination de Nicolas Sarkozy, l’Europe s’est enfin dotée d’institutions modernes et efficaces.
La modernisation de notre fiscalité est en route : elle sera plus favorable au travail et à l’investissement grâce à la réforme de la taxe professionnelle.
Dans l’éducation, malgré les résistances, des transformations considérées naguère comme impossibles sont en voie d’entrer en application. La réforme des lycées, l’autonomie des universités et la modernisation de la formation professionnelle constituent des progrès incontestables.
Depuis des lustres on dénonçait un système d’aide au chômage qui n’incitait pas à sortir de la précarité. L’heureuse réforme du RSA encourage la reprise d’activité.
La réforme des services publics pour les adapter la nouvelle société française est en cours notamment dans les hôpitaux et dans la justice. La modernisation de notre univers territorial est en cours.
Qui pouvait faire mieux en ces temps difficiles semble affirmer le chef de l’Etat ?
Et d’insister encore sur la protection des auteurs grâce à la loi Hadopi ou sur le Grenelle de l’environnement qui, malgré la censure du Conseil constitutionnel sur la taxe carbone, verra son cap maintenu.
Les explications ne manquent pas.
Les crises économiques sont toujours défavorables aux gouvernements en place. Les réformes de structure, parce qu’elles dérangent les habitudes avant de commencer à produire des effets positifs sont toujours délicates à mettre en œuvre. Ceci ne peut être contesté
Mais il faut aussi se demander lorsque l’on gouverne non pas si on pouvait faire mieux mais si on pouvait faire autrement. Et c’est dans ce domaine que des progrès doivent être faits pour retrouver la confiance.
Trop de réformes sont engagées dans la précipitation sans que toutes les conséquences en aient été examinées. Par exemple, même si l’on estime excessive la censure du Conseil constitutionnel sur la taxe carbone, était prévisible et aurait donc du être évitée.
Et que dire du débat sur l’identité nationale justifié mais mal encadré et dirigé surtout vers l’exclusion plutôt que sur l’inclusion.
Comment justifier cette boulimie fiscale d’un gouvernement libéral qui se transforme en un pécheur dont les mailles du filet se resserrent chaque jour allant jusqu’à utiliser des munitions interdites comme le recel de vol.
L’addition des interdits sociaux, l’inflation législative et réglementaire donnent aux Français le sentiment qu’ils sont emprisonnés dans un carcan de plus en plus répressif alors qu’ils aspirent à une société de liberté.
Le pouvoir doit savoir se garder de la boulimie interventionniste et laisser aux Français une plus grande liberté de détermination.
Cela n’exclut pas que nous sachions aussi redonner ‘’ un sens au beau mot de fraternité qui est inscrit dans notre devise républicaine. ‘’ comme l’a justement exprimé le président Sarkozy.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, FISCALITE, FRATERNITE, IDENTITE NATIONALE, SARKOZY
La NOSTALGIE DE L’ENFANCE
En Grande-Bretagne -des chercheurs assurent que la plupart des parents passent en moyenne 2 heures et 34 minutes par semaine à jouer avec les jouets de leurs enfants.
Une étude menée sur 2.000 adultes montre que ces derniers s'amusent quotidiennement avec les poupées, les voitures miniatures et les petites figurines pendant environ 22 minutes. Le temps passé à cette activité représente 5 jours par an. Un parent sur cinq aurait admis ramasser les jouets de ses enfants dans le but de se distraire. Les jeux privilégiés à cette occasion seraient les Legos pour 50% d'entre eux, les jeux et les puzzles à 47%, et 25% pour la peinture.
Les chercheurs auraient pu pousser leur étude plus loin et découvrir que la plupart des adultes rêvent de retomber dans leur petite enfance : retrouver le sein maternel, rechercher la chaleur et la tendresse de la gestation.
L’enfant passe son temps à se rêver adulte.
L’adulte a la nostalgie de l’enfance.
Le fil de la vie nous ramène progressivement aux origines de l’espèce.
Charles Debbasch
Labels: ADULTE, blog debbasch, ENFANCE, SEXE
COPENHAGUE : POURQUOI IL FAUT ETRE OPTIMISTE
Le bilan en demi-teinte du grand show de Copenhague provoque des réactions contrastées. Pour les uns, la réunion s’est soldée par un échec pour les autres les jalons d’une politique du climat ont été posés.
DES RESPONSABLES DE POIDS
Les naïfs avaient pu croire que la présence de 193 pays soutenus par l’opinion mondiale allait permettre d’imposer une poltique écologique ferme aux grandes puissances.C’était une illusion. On n’efface pas d’un trait de plume écologique les dominants de la société internationale et c’est un duo Chine-USA qui a dicté la solution finale.
LE CONTENU DE L’ACCORD
L'accord de Copenhague contre le réchauffement climatique, validé samedi par la conférence des Nations unies, entend limiter le réchauffement à 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. .Par ailleurs un fonds est crée doté au terme de 2020 de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays pauvres à lutter contre les conséquences du réchauffement climatique.
LES FAIBLESSES DE L’ACCORD
La déclaration de Copenhague ne mentionne aucun objectif chiffré à l'horizon .Il ne comporte pas davantage de calendrier pour la signature d'un traité juridiquement contraignant.
Par ailleurs, il n’a pas été possible de créer une instance internationale chargée de vérifier la mise en œuvre des objectifs fixés. Il va donc falloir compter uniquement sur la bonne volonté, des 193 pays, qui se sont engagés à adapter leur législation nationale pour la rendre conforme aux engagements pris.
CE QU’IL FAUT EN PENSER
Les maximalistes de l’écologie n’ont pas manqué de dénoncer l’attitude des Etats. Pour Greenpeace : "Cette déclaration ne vaut pas la feuille de papier sur laquelle elle est écrite. Et les coupables le savent bien, qui se sont vite enfuis en avion, chez eux, la honte au front», En revanche, Ban Ki- moon, le secrétaire général des Nations Unies, a déclaré avec mesure :"Ce n'est peut-être pas tout ce que nous espérions, mais cette décision de la conférence des parties est une étape essentielle",
Le bilan de Copenhague est en effet globalement positif. C’était sans doute une illusion de penser que, du jour au lendemain, les Etats industriels pollueurs accepteraient de se faire hara-kiri. Mais en revanche, il est fondamental de constater que, pour la première fois, le problème du réchauffement climatique a été clairement posé par tous.
Il faut désormais compter sur la pression de l’opinion publique pour contraindre les gouvernements à prendre les mesures adéquates. Copenhague est une première étape nécessaire. On peut décerner aux Etats participants les encouragements…..à mieux faire dans un avenir proche.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, COPENHAGUE, ECOLOGIE
RAPATRIES FORCES : BAMBERSKI ET LES EVADES FISCAUX Le 18 octobre 2009, le cardiologue allemand Dieter Krombach a été retrouvé dans une rue de Mulhouse. Quand il a été découvert, il était blessé à la tête, bâillonné et ligoté. Quelques heures auparavant il avait été enlevé près du lac de Constance, non loin de la frontière autrichienne. Il était depuis longtemps recherché par la justice française dans l’affaire de Kalinka Bamberski. Celle-ci avait été retrouvée morte en juillet 1982 au domicile de son beau-père Dieter Krombach .mais la justice allemande avait estimé que ce dernier n’était pas coupable. En revanche, la justice française l’avait condamne, par contumace à quinze ans de réclusion criminelle pour homicide involontaire et avait lancé un mandat d’arrêt international contre lui. Mais, réfugié dans son pays, l’Allemagne, il ne pouvait être extradé. Voilà pourquoi des hommes de mains sont allés le kidnapper la bas pour lui faire franchir par la force une frontière qu’il ne voulait pas passer volontairement. Le père de Kalinka est soupçonné d’avoir organisé ce rapatriement forcé qui a permis l’incarcération en France de Krombach en attendant son jugement.
A l’évidence une redoutable question se posera à la justice. L’acte évidemment illégal d’enlèvement forcé et de rapatriement par la force ne vicie-t-il pas toute la procédure ?
Dans sa lutte légitime contre la fraude fiscale, le gouvernement souhaite obliger les ressortissants français qui détiennent des avoirs dans les banques étrangères à les rapatrier dans leur pays.
Le ministre du budget a affirmé qu’il détient une liste de 3000 Français en infraction et il leur a demandé de régulariser leur situation en les menaçant de poursuites. Voici que l’on apprend qu’une grande partie de la liste dont se prévaut le ministre a été dérobée par un homme, employé par la banque HSBC, à Genève grâce à un piratage informatique, des bases de données de clients de différentes banques suisses. En d’autres termes , c’est grâce à un acte délictueux que le fisc français veut obliger certains Français à rapatrier leurs avoirs en France posant le même problème que dans l’affaire Bamberski. Le délit qui est à l’origine de l’action fiscale n’est-il pas une cause d’annulation de toutes les poursuites qui seront diligentées sur la base de la liste dérobée ?
En droit, la fin ne justifie pas les moyens et une cause juste n’autorise pas le recours à des actes illégaux. Voilà en quoi se rejoignent l’affaire Bamberski et celle des évadés fiscaux.
Charles Debbasch
Labels: AFFAIRE BAMBERSKI, blog debbasch, EVASION FISCALE
BARACK OBAMA A OSLO : GUERRE ET PAIX AU 21E SIECLE
Le président américain présent à Oslo pour recevoir le prix Nobel de la paix se trouvait dans une situation quelque peu paradoxale puis qu’il vient de décider d’envoyer 30.000 soldats supplémentaires pour poursuivre la guerre en Afghanistan. Sachant qu’il était attendu sur ce point, Barack Obama n’a pas esquivé le problème."Nous sommes en guerre, et je suis responsable du déploiement de milliers de jeunes Américains partis se battre dans une terre lointaine. Certains tueront, d'autres seront tués. Alors je viens ici avec le sens aigu du coût d'un conflit armé, plein de questions difficiles sur les rapports entre guerre et paix, et nos efforts pour remplacer l'une par l'autre."
Pour le président américain, plusieurs raisons peuvent justifier le recours à la guerre.
Il y a d’abord le mal qui existe dans le monde "Nous devons repenser les notions de guerre juste et les impératifs d'une paix juste. (...) Nous devons commencer à admettre la dure réalité: nous n'éradiquerons pas le conflit violent de notre vivant. Il y aura des moments où les pays, agissant individuellement ou de concert, considéreront que l'usage de la force est non seulement nécessaire mais moralement justifié."
L’existence des moyens de faire la guerre permet de prévenir les conflits. "Quelles que soient nos erreurs, les faits sont là: les Etats-Unis d'Amérique ont aidé à garantir la sécurité du monde pendant plus de six décennies avec le sang de nos citoyens et la force de nos armes. Alors oui, les instruments de la guerre ont un rôle à jouer dans la protection de la paix. » »
La force peut être également justifiée par des raisons humanitaires." L'inaction déchire notre conscience et peut mener à une intervention ultérieure plus coûteuse. C'est pourquoi tous les pays responsables doivent reconnaître le rôle que peut jouer l'armée dotée d'un mandat précis pour protéger la paix."
Mais ,après avoir justifié la guerre, le président Obama s’est attaché à définir les conditions d’une paix universelle. La paix n'est pas seulement l'absence de conflit visible. Seule une paix juste fondée sur les droits inaliénables et la dignité de chaque individu est vraiment durable.’’ Une paix juste ne suppose pas seulement des droits civiques et politiques, elle doit inclure la sécurité économique et des débouchés."
Il convient également de pourchasser les régimes autoritaires.’ Aucun régime répressif ne peut être mis sur une nouvelle voie si aucune porte ne lui est ouverte (...) Nous devons faire de notre mieux pour trouver un équilibre entre isolement et dialogue, pression et incitation, afin de faire avancer les droits de l'Homme et la dignité."
La lutte contre l’extrémisme religieux est également essentielle."Aucune guerre sainte ne sera jamais une guerre juste (...) Une vision aussi pervertie de la religion n'est pas seulement incompatible avec le concept de la paix mais aussi avec le but de la foi, car la règle au cœur de chacune des grandes religions est que nous traitons les autres comme nous voudrions qu'ils nous traitent."
Ce nouveau traité de guerre et paix au vingt-unième siècle réactualise le vieux débat entre pacifistes et guerriers. Il nous renvoie à l’ancien proverbe ... Si vis pacem, para bellum: Si tu veux la paix, prépare la guerre.
Charles Debbasch
Labels: blog debbasch, GUERRE, obama, PAIX