Friday, March 26, 2010

LA FABLE DE l’APRES REGIONALES
Le grand faiseur de fromages français « La fourme de Sarkozye»’était revenu fort marri du Salon de l’Agriculture.
Le public avait boudé sa dernière création’’’le Regional’’ et lui avait préféré la pâte de son concurrent ‘’L’Aubryac’’ qui se disait plus proche de la nature , plus ecolo en somme.
Savoir pourquoi les clients, jusque là fidèles de la fourme de sarkozye, s’en étaient écartés n’était guère difficile.La composition du produit variait sans cesse : tantôt un peu plus de sel, tantôt un peu plus de poivre. Tous ceux qui appréciaient la traditionnelle mixture poivre et sel ne s’y retrouvaient plus. Ils boudaient le produit ou achetaient de préférence celui de la concurrence. Les mauvaises langues prétendaient mezzo voce que l’addition de carbone rendait le produit impropre à la consommation.
Retourné dansa grande ferme que chacun nommait ‘’Elysée moi’’, le chef fromager déversa sa colère sur le chien de garde du troupeau le bon Fillon qui n’avait cessé de veiller sur le troupeau durant toute la durée du salon. Ce chien fidèle était devenu la coqueluche des publicitaires qui ne manquaient jamais une occasion de l’opposer à son patron. Mais celui-ci se fit comminatoire.
Il fallait en tout premier sacrifier le bouc ‘’Dar-Causse’’. Celui-ci n’était pour rien dans la nouvelle mixture. Il s’était depuis longtemps investi avec talent dans l’éducation du troupeau et dans la mise à la retraite de ses brebis les plus âgées .Mais, chargé de collecter le lait sur les terres d’Aquitaine que l’on savait pourtant tout entières attribuées à l’Aubryac, il n’avait pu ramener les quantités de lait souhaitées.
Pour régénérer la fourme de Sarkozye, on chargea le gardien Fillon de ramener au bercail trois brebis égarées dans des pâturages amis ou concurrents : plutôt que du poivre ou du sel, on ajouta un peu de lait de Chirac, une once de Dominique de et une pincée du concentré de centre.
Ayant ainsi régénéré son produit, le grand producteur fromager espérait un retour en faveur au prés de la clientèle avant la sortie en 2012 de sa cuvée quinquennale
C’était compter sans le grand paon Villepin. Celui-ci s’était toujours distingué par la puissance de son cri qui paraissait l’éblouir lui-même. Grand solitaire, il aimait crier plus fort et jouer au chien de berger .Il rêvait de détrôner le chef fromager. Courant après l’échec de la Sarkozye, il tenta de pousser un cri encore plus puissant pour annoncer la production d’un nouveau fromage. Il n’en connaissait encore ni le nom, ni la composition .Il promit simplement qu’il serait meilleur que celui qui venait de connaître une désaffection.
Il annonça que le nouveau produit des gourmets serait lancé le 19 juin. Il voulait en toute vanité se placer dans le sillage du Chester de Gaulle. Il oubliait sans doute que l’on n’imite pas impunément les produits d’exception.
Charles Debbasch

Labels:

Saturday, March 20, 2010

FRANCOPHONIE : FORCES ET FAIBLESSES
A l'occasion du quarantième anniversaire de la francophonie, Nicolas Sarkozy a insisté sur les succès de l'univers francophone.
UNE FRANCOPHONIE RAYONNANTE
Le 20 mars 1970 à Niamey, 21 pays seulement avaient créé l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT). Cette instance -devenue en 2005 l'Organisation internationale de la francophonie (OIF)- rassemble aujourd'hui 70 Etats et gouvernements (56 membres et 14 observateurs) qui totalisent 870 millions d'habitants, soit 13% de la population mondiale. Un pays membre de l'Onu sur trois est aujourd'hui membre de l'OIF ou observateur. Il y a 200 millions de francophones de par le monde.
Le président Sarkozy a appelé les membres de l'Organisation internationale de la francophonie à faire de celle-ci une arme internationale contre le "monolinguisme" et la "monoculture" du monde anglo-saxon.
Il a également plaidé pour une transformation de cette organisation en bras politique des pays francophones. Elle doit rassembler derrière sa bannière tous ceux qui se sentent menacés par l'"aplatissement du monde" et porter des combats politiques comme la réforme de la gouvernance internationale, la lutte contre les changements climatiques, la réforme de l'Onu, le développement."A quoi cela servirait-il d'avoir des valeurs communes si nous ne transformions pas cette adhésion (...) en prise de positions politiques ?" a-t-il fait valoir. "Je vous garantis qu'à ce moment-là, on ne sera pas un sur trois à l'Onu, on sera beaucoup plus forts."
La défense de la francophonie doit aussi permettre d'assurer la diversité culturelle "Défendre notre langue, défendre les valeurs qu'elle porte, c'est au fond se battre pour la diversité culturelle de notre monde", a déclaré le chef de l'Etat français. "Le problème n'est pas l'anglais, le problème c'est le monolinguisme, c'est le prêt-à-porter culturel, c'est l'uniformité''
Nicolas Sarkozy a déploré le "complexe" d'une francophonie qui serait "la seule à ignorer sa force". Pour lui, nous ne sommes pas dans une forteresse assiégée.''
UNE FRANCOPHONIE DECLINANTE
Il n'empêche la francophonie ne se porte pas bien.
Notre diplomatie n'y a jamais vraiment adhéré. Les chantres de la francophonie furent de grands africains comme Senghor ou Bourguiba plutôt que des Français. Ce sont des politiques qui l'imposèrent au Quai d'Orsay dont la bureaucratie se complait dans un mondialisme dans, lequel la France se perd. .Nicolas Sarkozy a justement relevé l'"espèce de snobisme" des diplomates français "qui sont tellement heureux de parler anglais". "La francophonie est pour la diplomatie française une priorité. Encore faudrait-il que tous les diplomates français y croient", a-t-il déclaré. Il a invité les dirigeants des pays de l'OIF à défendre le statut de langue de travail du français dans les organisations internationales et exhorté leurs représentants à y être les "ambassadeurs de l'intransigeance francophone".
Le recul du français dans la vie internationale est consternant.
On ne recense actuellement que 200 millions de francophones dans le monde, dont 72 millions de "locuteurs partiels". Le français est la 9e langue de la planète, la 3e sur la Toile: 5% des pages internet sont rédigées en français, contre 45% en anglais et 7% en allemand.
La langue française perd de l'influence partout, sauf sur le continent africain, qui compte à lui seul 96,2 millions de francophones. A la Commission européenne, selon l'OIF, la part des documents d'origine rédigés en français est passée de 40,4% en 1997 à 28% en 2003 et sans doute un quart aujourd'hui.
La France, enfermée dans une vision trop hexagonale est souvent tentée de considérer le ''glacis'' francophone comme une charge plutôt que comme une chance. Les moyens de la francophonie ne sont pas à la hauteur des ambitions. Par exemple, les besoins pour la reconstruction d'Haïti se montent pour 2010 à un milliard d'euros. L'OIF elle n'a pu envoyer que 100000 euros.
Une langue forte doit être portée par une économie puissante.
Le déclin de la francophonie n'est guère que le reflet du déclin économique de la France.

Charles Debbasch

Labels: , ,

Sunday, February 21, 2010

VILLEPIN DE CLEARSTREAM AU GULF STREAM
Dominique de Villepin a-t-il voulu ajouter un chapitre à l’histoire compliquée de ses rapports avec Nicolas Sarkozy, on peut se le demander à la lumière de cet évènement récent.
Visitant une porcherie en Bretagne, l’ancien Premier ministre a lancé aux journalistes un porcelet dans les bras :
« Il vous rappelle quelqu'un ? Moi aussi »
Plusieurs des témoins de la scène, ont aussitôt pensé à Nicolas Sarkozy
Un des journalistes présents lui demande : « il ne s'appelle pas Nicolas » ?
L'ancien Premier ministre répond « Non », avant d'ajouter : « regardez, il est sympathique ».
Devant les commentaires auxquels a donné lieu cette scène Dominique de Villepin a fourni une tout autre explication. Il assure qu'il ne pensait pas à Nicolas Sarkozy mais à une scène des »Bronzés font du ski ». où Christian Clavier, médecin, est appelé pour soigner un cochon prénommé « Copain ». Pourquoi Copain ? « Parce que copain comme cochon »
L’histoire ne dit pourtant pas si dans l’affaire Clearstream Nicolas Sarkozy a été la victime d’un tour de cochon imaginé par Dominique de Villepin. La droite, comme naguère la gauche, est maintenant aux prises avec les courants.
Sans doute arrivé à bon ‘’porc’’ en Bretagne, Dominique de Villepin ne pensait qu’au Gulf Stream pour réchauffer ses rapports avec le chef de l’Etat.
Charles Debbasch

Labels: , ,

Tuesday, February 16, 2010

SARKOZY ET LA REFORME DES RETRAITES
Nicolas Sarkozy vient d’annoncer une prochaine réforme du régime des retraites. Il existe une différence entre les règles des mathématiques et celles de la politique. Les chiffres des retraites sont clairs .Le vieillissement de la population et l’augmentation des inactifs déséquilibrent notre système de retraite. Mais la solution politique n’est pas facile à mettre en œuvre car toute modification des droits acquis et de l’âge du départ du départ à la retraite soulèvent des lourdes hostilités des partenaires sociaux. C’est pourquoi, face au déséquilibre démographique, le Président de la république s’est contenté pour l’instant de définir une méthode pour la réforme sans préconiser de solution.
LE DESEQUILIBRE DEMOGRAPHIQUE
La France, en 1945, a fait le choix d'un financement par répartition c’est à dire que les retraites sont financées par un prélèvement sur les actifs. Les actifs paient les pensions des retraités. Mais ce système est lé à la pyramide des âges. Or, la conjonction d’un faible taux de natalité et les progrès de l’espérance de vie accentuent le vieillissement de la population .On compte aujourd'hui, quatre personnes de plus de soixante ans pour dix personnes de vingt à soixante ans. En 2040, on en comptera sept. Le taux de dépendance des personnes âgées – le rapport entre les personnes de 65 ans et plus et celles âgées de 20 à 64 ans – passera de 25 % actuellement à 50 % en 2050. Il y aura davantage de personnes âgées, mais moins de personnes d’âge actif pour les prendre en charge financièrement. Se trouve ainsi posé le problème du financement des retraites. Le déficit de la Caisse Nationale d’Assurances Vieillesses n’a cessé de s’accentuer. Il était, en 2005, de 1,8 milliard d'euros ; en 2006, il a continué à se creuser à 2,4 milliards d'euros .Il se situe aujourd’hui autour de 5 milliards d’euros.
Pour assainir le système, les solutions ne sont pas infinies. On peut soit accroître le montant des prélèvements obligatoires, soit réduire les pensions. Ces deux solutions sont politiquement sensibles et difficiles à mettre en œuvre. Reste alors une décision que nombre de pays européens commencent à pratiquer : augmenter les taux d’emploi des personnes âgées à travers un allongement de la vie active. Pour ce faire il faut allonger la durée de cotisation ouvrant une retraite à taux plein et retarder l’âge du départ en retraite.
LA METHODE SARKOZY
Le constat du Chef de l’Etat est clair. "compte-tenu du temps que les mesures que nous prendrons mettront à produire leur plein effet, si nous voulons sauver le système de retraite, nous ne pouvons plus différer les décisions". Mais le Président s’est bien gardé de définir les axes de la réforme.il a simplement proposé une méthode faite d’une large concertation avec les partenaires sociaux. La concertation, a-t-il dit, commencera "début avril" quand le Conseil d'orientation des retraites (COR) fera connaître ses projections financières sur l'équilibre des régimes. Ensuite, "Au début du mois de septembre, le gouvernement prendra ses responsabilités et déposera un texte" au Parlement,
Cette méthode consensuelle ne peut cependant dissimuler qu’il y aura une tension à terme. Les syndicats privilégient en effet la solution de facilité : l’augmentation des prélèvements obligatoires et notamment de l’impôt sur le capital. Tandis que le gouvernement s’orientera davantage vers le recul de l'âge légal de départ en retraite et l'allongement de la durée d'activité.
C’est vers cette dernière voie que s’orientent nos partenaires européens et il sera difficile à la France de réduire encore la compétitivité de son économie en aggravant des charges déjà trop lourdes.
Charles Debbasch

Labels: , ,

Saturday, January 30, 2010

L'AFFAIRE CLEARSTREAM, LA VICTIME,LES COUPABLES ET LE PROCUREUR



Le tumulte assourdissant qui a entouré le jugement rendu par le Trbunal de Paris le 28 janvier 2010 dans l'affaire Clearstream où s'entremêlent des données juridiques et l'affrontement politique Sarkozy-Villepin trouble la compréhension du dossier au point que l'on en arrive à confondre les victimes et les coupables,Tenons-nous en donc aux simples données juridiques.

LA VICTIME :NICOLAS SARKOZY ET AUTRES

Pour mettre en cause Nicolas Sarkozy et diverses autres personnalités, des commanditaires aidés par des complices ont falsifié des listings bancaires de la banque Clearstream en y ajoutant plusieurs noms dont celui de l’actuel Président de la République. Ont été également visées plusieurs personnalités politiques ayant exercé des responsabilités dans l'industrie, la défense ou au ministère de l'intérieur - Alain Madelin, Jean-Pierre Chevènement, Dominique Strauss-Kahn, Charles Pasqua . Il s'agissait de faire croire à l'opinion publique que toutes ces personnes détenaient des comptes bancaires cachés à l'étranger,Nicolas Sarkozy était principalement visé par la manipulation,L'objectif recherché était de l'exclure de la compétition présidentielle.

L'actuel chef de l'Etat est donc dans l'affaire Clearstream la victime principale .C'est lui que des manipulateurs ont voulu atteindre par la falsification et la manipulation.On aurait tort d'oublier cet aspect essentiel de l'Affaire.



LES COUPABLES CONDAMNES PAR LE TRIBUNAL

Deux condamnations principales touchent les responsables de la falsification des listings ou de leur divulgation.

Jean-Louis Gergorin ,l'ancien vice-président exécutif d'EADS, corbeau de l'affaire, a été condamné à trois ans de prison, dont 21 mois avec sursis, et 40.000 euros d'amende pour dénonciation calomnieuse, usage de faux et recel d'abus de confiance.Le parquet,pour sa part, avait requis trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 45.000 euros à son encontre.



Imad Lahoud, le mathématicien falsificateur des listings Clearstream, a été condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 40.000 euros d'amende pour complicité de dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux et recel d'abus de confiance.

Pour sa part,le parquet avait requis deux ans de prison, dont six mois avec sursis, et 45.000 euros d'amende à son encontre pour dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux et recel d'abus de confiance.



LA RELAXE DE DOMINIQUE DE VILLEPIN

La Justice avait la difficile tache d’établir si Dominique de Villepin avait simplement souhaité faire établir la vérité des faits ou s’il avait, au contraire, appuyé sur l’accélérateur pour mettre en cause Nicolas Sarkozy.

L'ancien premier ministre bénéficie d'une double relaxe.

Le tribunal estime d'une part que la preuve n’est pas rapportée à l’encontre de Dominique de VILLEPIN de l’existence tant d’une instruction, donnée en connaissance de cause, de commettre le délit de dénonciation calomnieuse dont il aurait été l’instigateur, que d’une abstention d’empêcher la réitération de la dénonciation qu’il aurait su calomnieuse, susceptible de constituer un acte de complicité .

D'autre part, le tribunal estime qu'il résulte de l’information et les débats que Dominique de VILLEPIN ignorait jusqu’au 15 octobre la provenance exacte des documents ; que la preuve n’est pas rapportée qu’il les ait eus matériellement en sa possession ; qu’il n’est pas établi que Dominique de VILLEPIN ait concouru par l’instruction de saisir le juge Renaud VAN RUYMBEKE, à la remise à ce magistrat des documents de provenance frauduleuse au travers des envois des 3 mai, 14 juin, 20 août et 4 octobre 2004 ; qu’il s’ensuit que le délit de recel n’est pas constitué à son encontre.

Il convient en conséquence de renvoyer Dominique de VILLEPIN des fins de la poursuite engagées à son encontre du chef d’une part de complicité d’usage de faux et d’autre part de recel de vol et d’abus de confiance

Le procureur pour sa part avait conclu à la responsabilité de Dominique de Villepin estimant que l'on avait affaire à une"manipulation complexe d'une ampleur exceptionnelle… l'intrication délibérée du vrai et du faux, l'association réfléchie de faits réels et de calomnie". Les acteurs de cette affaire entretiennent tous "un rapport altéré à la vérité ".



L'APPEL DU PARQUET

Alors que Nicolas Sarkozy avait manifesté son intention d'en rester là, le Procureur de la République a immédiatement relevé appel du jugement entraînant des réactions véhémentes de l'ancien premier ministre. Pourtant, il s'agit d'une procédure habituelle dans des instances où plusieurs protagonistes sont poursuivis simultanément. Il est difficile en appel de saucissonner le dossier.L'appel du Parquet doit permettre un réexamen global de l'Affaire.L'appel du parquet est une décision évidente, selon le Procureur. "Je n'ai pas changé d'opinion, le dossier apporte la preuve irréfutable qu'à la mi-juillet 2004, M. de Villepin savait que les listings étaient faux. Il n'y a pas eu de stratégie concertée avec l'Elysée. Ne retrouver devant la cour d'appel que les seuls Gergorin et Lahoud, c'était un procès tronqué. Je suis cohérent, j'ai une conviction, c'est la conception que j'ai de mon métier."



Ainsi, malgré la personnalité des protagonistes, cette Affaire se situe dans le droit commun de la procédure pénale.



Charles Debbasch

Labels: , , ,

Wednesday, January 27, 2010

SARKOZY DANS LA FOSSE AUX LIONS
Les gouvernants -et particulièrement le Président de la République -font toujours l’objet de critiques contradictoires. S’ils se contentent de définir les lignes générales de la politique, on leur reproche d’être « éloignés des gens ».S’ils traitent des problèmes de terrain, on estime qu’ils perdent la majesté de leurs fonctions.
Voilà sans doute pourquoi Nicolas Sarkozy a découpé son intervention sur TF1 du lundi 25 janvier 2010 en deux séquences : au Journal télévisé pour définir les principes et face à un panel de Français pour montrer sa proximité avec les problèmes du quotidien
.Cette seconde partie était évidemment la plus difficile pour le Président. La conjoncture est morose et la crise touche les entreprises et les citoyens. Le Chef de l’Etat paraissait voué à être mangé tout cru dans la fosse aux lions.
Rien de cela n’est advenu. Malgré les redoutables attaques de certains de ses interlocuteurs-notamment celle d’un syndicaliste de l’automobile, Nicolas Sarkozy a réussi à convaincre.
Il est vrai qu’il possédait remarquablement ses dossiers. Il n’a jamais été pris en défaut.
Par ailleurs, il a su rester très calme et ne pas entrer dans les voies de la polémique.
Au total, le Président de la République a réussi une opération de communication particulièrement difficile. 8,6 millions de téléspectateurs en moyenne ont suivi l'émission du président de la République sur TF1.57% de ces Français ont été convaincus.

Cette performance remarquable est à elle seule un événement qui éclipse quelque peu les deux annonces importantes faites par le Président : le maintien de la retraite par répartition et la prévision de la baisse du chômage.

Le Sarkozy de TF1 était du meilleur cru.

Charles Debbasch

Labels: , ,

Monday, January 04, 2010

SARKOZY : REVEILLER LA FRATERNITE FRANCAISE
En ce 31 décembre 2009, au moment de présenter ses vœux aux Français ? Nicolas Sarkozy devait sans aucun doute s’interroger.
Comment expliquer qu’alors que grâce à la politique qu’il conduit , avec l’assistance de son gouvernement et de sa majorité ,la France bénéficie d’une situation meilleure que ses principaux voisins, le sentiment des Français soit aussi négatif à son égard ?
Comment comprendre qu’en ce temps de mi-mandat le temps soit déjà venu du lynchage médiatique ?
Comment justifier cette sorte de descente aux enfers ?
Car il faut reconnaitre que le bilan présenté par le Président est largement positif.
Grâce à l’intervention économique de l’Etat le choc de la crise économique mondiale a été moins rude qu’on ne pouvait le craindre : ‘’notre pays a été moins éprouvé que beaucoup d’autres. Nous le devons à notre modèle social qui a amorti le choc, aux mesures énergiques qui ont été prises pour soutenir l’activité et surtout pour que personne ne reste sur le bord du chemin.’’
La France a apporté une contribution décisive à la construction d’une nouvelle société internationale. Le G20 dessine les contours d’une nouvelle organisation du monde. Dans son cadre ont été résolus des problèmes qui minaient les économies comme les paradis fiscaux ou les bonus excessifs. Le sommet de Copenhague , malgré ses insuffisances, a permis de faire prendre par tous les Etats des engagements chiffrés de lutte contre le réchauffement climatique et a décidé d’une assistance financière pour les pays pauvres qui sera assurée par la taxation de la spéculation financière. Grâce à l’action de la France et à l’obstination de Nicolas Sarkozy, l’Europe s’est enfin dotée d’institutions modernes et efficaces.
La modernisation de notre fiscalité est en route : elle sera plus favorable au travail et à l’investissement grâce à la réforme de la taxe professionnelle.
Dans l’éducation, malgré les résistances, des transformations considérées naguère comme impossibles sont en voie d’entrer en application. La réforme des lycées, l’autonomie des universités et la modernisation de la formation professionnelle constituent des progrès incontestables.
Depuis des lustres on dénonçait un système d’aide au chômage qui n’incitait pas à sortir de la précarité. L’heureuse réforme du RSA encourage la reprise d’activité.
La réforme des services publics pour les adapter la nouvelle société française est en cours notamment dans les hôpitaux et dans la justice. La modernisation de notre univers territorial est en cours.
Qui pouvait faire mieux en ces temps difficiles semble affirmer le chef de l’Etat ?
Et d’insister encore sur la protection des auteurs grâce à la loi Hadopi ou sur le Grenelle de l’environnement qui, malgré la censure du Conseil constitutionnel sur la taxe carbone, verra son cap maintenu.
Les explications ne manquent pas.
Les crises économiques sont toujours défavorables aux gouvernements en place. Les réformes de structure, parce qu’elles dérangent les habitudes avant de commencer à produire des effets positifs sont toujours délicates à mettre en œuvre. Ceci ne peut être contesté
Mais il faut aussi se demander lorsque l’on gouverne non pas si on pouvait faire mieux mais si on pouvait faire autrement. Et c’est dans ce domaine que des progrès doivent être faits pour retrouver la confiance.
Trop de réformes sont engagées dans la précipitation sans que toutes les conséquences en aient été examinées. Par exemple, même si l’on estime excessive la censure du Conseil constitutionnel sur la taxe carbone, était prévisible et aurait donc du être évitée.
Et que dire du débat sur l’identité nationale justifié mais mal encadré et dirigé surtout vers l’exclusion plutôt que sur l’inclusion.
Comment justifier cette boulimie fiscale d’un gouvernement libéral qui se transforme en un pécheur dont les mailles du filet se resserrent chaque jour allant jusqu’à utiliser des munitions interdites comme le recel de vol.
L’addition des interdits sociaux, l’inflation législative et réglementaire donnent aux Français le sentiment qu’ils sont emprisonnés dans un carcan de plus en plus répressif alors qu’ils aspirent à une société de liberté.
Le pouvoir doit savoir se garder de la boulimie interventionniste et laisser aux Français une plus grande liberté de détermination.
Cela n’exclut pas que nous sachions aussi redonner ‘’ un sens au beau mot de fraternité qui est inscrit dans notre devise républicaine. ‘’ comme l’a justement exprimé le président Sarkozy.

Charles Debbasch

Labels: , , , ,

Thursday, December 03, 2009

LE NOUVEAU CABINET DE SARKOZY
Le danger des informations diffusées partout c’est que nos oreilles distraites ne saisissent que des bribes de phrases mal collées les unes aux autres et qu’à force d’être inondés de bruits nous sommes noyés sous le flot des informations.
Entre le troisième et le quatrième étage d’un grand hôtel parisien. J’avais vaguement entendu le mot Sarkozy et Cabinet. Avant de prendre à Orly un avion la radio difficilement audible dans le second sous-sol du parking, j’avais saisi des paroles décousues «Strauss-Kahn, Sarkozy, Cabinet ».Il n’en fallait pas plus pour que toutes ces nouvelles s’additionnent dans mon esprit et que j’imagine que le Président Sarkozy avait franchi un grand pas dans l’ouverture en appelant Dominique Strauss-Kahn au gouvernement. Arrivé à destination en écoutant France Info je découvris ma méprise : le Cabinet n’était pas celui que je pensais mais plus simplement les toilettes d’un centre de conférences !
Toutes les radios ne faisaient que reprendre une information publiée par l’hebdomadaire Le Point qui relatait un discret aparté entre le Directeur du FMI et le président français lors du sommet du G20 à Pittsburgh, le 25 septembre.
Durant une suspension de séance, Dominique Strauss-Kahn avait profité d'une rencontre improvisée aux toilettes avec Nicolas Sarkozy pour lui lancer cet avertissement : « J'en ai plus qu'assez des ragots répétés sur ma vie privée et sur les prétendus dossiers et photos qui pourraient sortir contre moi. Je sais que tout ça part de l'Élysée. Alors, dis à tes gars d'arrêter ou sinon je saisirai la justice. »
Le directeur du FMI s'indignait notamment d'une allusion de Frédéric Lefebvre à sa vie privée pour affirmer l'impossibilité de sa candidature en 2012, rapportée dans un livre paru quelques jours plus tôt (Hold-uPS, arnaques et trahisons, éd. du Moment).Le Président Sarkozy a eu beau protester de sa bonne foi, il n'empêche : irrité de voir certains commentateurs répéter les mêmes insinuations DSK a chargé son avocat parisien de déposer plainte contre « toute nouvelle assertion diffamatoire ».
Lors de sa conférence de presse du 28 octobre 1966, le général de Gaulle répondant à une question sur les marchés financiers avait prononcé une phrase devenue célèbre: « La Bourse, en 1962 était exagérément bonne. En 1966, elle est exagérément mauvaise, mais vous savez, la politique de la France ne se fait pas à la corbeille. ».
On pourrait ajouter, aujourd’hui que la politique de la France ne se fait pas au Cabinet.
Charles Debbasch

Labels: , , ,

Wednesday, November 25, 2009

LA HAUSSE DE LA FISCALITE LOCALE
L’Etat s’est engagé dans une politique de réduction de ses dépenses en décidant notamment de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux.
A quoi cela peut-il bien servir si, au même moment, les divers échelons locaux de la décentralisation laissent leurs dépenses s’envoler ?
LE "PALMARES DE LA FOLIE FISCALE" DES REGIONS SOCIALISTES SELON L’UMP
Alors que, depuis les dernières élections régionales de mars 2004, le Parti socialiste détient 20 régions sur 22 en France métropolitaine les porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé ont dressé, dans une récente conférence de presse un "palmarès de la folie fiscale des régions», en dénonçant les augmentations d'impôts locaux pratiquées sur cinq ans par les présidents socialistes de conseils régionaux. Ainsi en ce qui concerne le foncier bâti, la région Languedoc-Roussillon a augmenté en cinq ans cet impôt de 91%", l'Auvergne, de 71% et la région PACA de 59%.
Pour le foncier non bâti, l'Auvergne est en première position - +71% en cinq ans-, selon l'UMP, suivie à égalité par la région Bourgogne et la région PACA, (+60%)
Pour la taxe professionnelle le lourd palmarès distingue le Languedoc-Roussillon (+90%), la Bourgogne (86%) et l'Ile-de-France, et Rhône-Alpes (69%).
LA DIRECTION GENERALE DES COLLECTIVITES LOCALES CONFIRME L’INFLATION DES DEPENSES LOCALES
Selon la DGCL, l’année 2009 est dans la continuité de 2007 et 2008 en matière de fiscalité régionale. Cependant les régions sont moins nombreuses que par le passé à avoir augmenté leurs taux. Après les fortes hausses des années antérieures (24,8% en 2005 et 11,1% en 2006), la hausse du produit voté est proche de celle de 5,2% en 2008.
Les villes participent à l’inflation des dépenses.63% des villes ont décidé de relever leurs taux concernant la taxe d’habitation, et la taxe foncière. Pour la taxe d’habitation, on trouve Nice (+17,7%), Argenteuil (+12,3%), Grenoble (+11,9%) et Paris (+11,7%). Paris arrive en tête des hausses du foncier bâti avec une hausse de 47%, devant Nice (16,5%) et Nantes (+14,3%).
Les départements n’échappent pas à la règle. La hausse moyenne est de 6,2% en métropole et de 9,1% en outre mer. Les plus fortes hausses sont constatées dans les Hautes-Alpes (+30%), le Nord (+17,6%), le Cher (+16,9%), l’Ain (+15%), les Alpes-Maritimes (+14,9%), le Lot-et-Garonne (+14,8%), la Seine-Maritime (+14,7%).
LA REPLIQUE DE LAURENT FABIUS : C’EST LA FAUTE DE L’ETAT
L’ancien premier ministre socialiste, Laurent Fabius s’est efforcé de renvoyer vers l’Etat le mistigri de la hausse des impôts. Pour lui, "Sur 100 euros d'impôts, le gouvernement prélève 78 euros, les régions 2 euros". "La hausse des taux entre 2003 et 2009 de la fiscalité des régions, c'est 3 euros par habitant et par an». Et il a poursuivi : "La dette de l'Etat est 100 fois plus élevée que la dette des régions".
UN ETAT A REFORMER
A l’évidence, le désordre de la décentralisation, la multiplication des échelons de compétence et l’absence de vrais audits sur les finances locales sont à l’origine de dérives dépensières des élus qui rendent insupportables la hausse des impôts locaux.
La comparaison avec l’Etat à laquelle se livre Laurent Fabius n’est pas exempte de démagogie. On ne peut en effet oublier que l’Etat doit supporter la charge des dépenses régaliennes comme l’armée, la police ou la justice qui rend vaine toute comparaison avec les fonctions des collectivités locales. Il demeure cependant exact que l’Etat en décentralisant en 1981 sous un pouvoir socialiste aurait du réduire de façon drastique le poids des administrations centrales qui perdaient une grande partie de leurs attributions.
IL est donc exact qu’il y a des économies à faire aux deux bouts de la chaine : au centre et à ces bases multiples qui se sont multipliées comme des champignons.

Charles Debbasch

Labels: , , , , ,

Saturday, November 21, 2009

LA GUERRE DES STADES
C’est aujourd’hui dans le sport que se manifeste le nationalisme. L’identité nationale que l’on prétend extirper d’ailleurs s’y affirme au grand jour. Chassez le nationalisme, il revient au galop.
Quatre incidents récents le démontrent.
L’AFFAIRE DE L’HYMNE SUD-AFRICAIN
Après la défaite en rugby de l'Afrique du Sud face aux Bleus à Toulouse, le sélectionneur des Boks Peter de Villiers a estimé que les Français n'ont «pas respecté» l'hymne national sud-africain, chanté par «quelqu'un qui ne chantait pas bien…Je ne veux pas revenir dessus mais c'est vrai qu'on attend juste un peu plus de respect pour notre hymne national comme partout dans le monde»,
Quant à Victor Mayfield le deuxième ligne sud-africain, il a souligné que «quand on met le maillot des Springboks, qu'on rentre sur le terrain et qu'on entend l'hymne, ça donne une motivation supplémentaire car on représente son pays. La manière dont il a été joué ce soir a été risible et d'ailleurs, les Français se sont mis à rire avant la fin. Ca a peut-être eu une influence sur la rencontre»,
En d’autres termes c’est la mauvaise exécution de l’hymne national qui aurait provoqué l’échec des Boks !
LE MATCH ALGERIE EGYPTE
C’est une quasi-déclaration de guerre qui a suivi la victoire de l’Algérie sur l’Egypte en qualification du Mondial 2010. Lors du match aller au Caire, le bus des joueurs algériens a été attaqué et des footballeurs ont été blessés. En représailles, des supporters des Fennecs ont mis à sac le siège algérois de Djezzy, compagnie de téléphonie mobile de l'opérateur égyptien Orascom. D’autres incidents ont sui le match retour qui s’est tenu au Soudan. En réaction l’Egypte a rappelé son ambassadeur en Algérie pour "consultations’’.Quant au Soudan il a convoqué l’ambassadeur égyptien pour lui demander des explications sur les mensonges colportés par la presse égyptienne sur des accrochages entre les supporters égyptiens et algériens. "Le ministère des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur d’Egypte pour l’informer du rejet par le Soudan des informations diffusées par des médias égyptiens concernant les événements d’après-match…Plutôt que de souligner tout ce que le Soudan a fait pour ce match, l’accueil, l’hébergement de près de 25.000 personnes et la sécurité", les médias égyptiens ont diffusé de "fausses" informations, a déclaré à l’AFP le porte-parole officiel de la diplomatie soudanaise, Moawiya Osmane Khalid.

LA VICTOIRE DE L’ALGERIE ET L’IDENTITE FRANCAISE
Sitôt la victoire de l’Algérie connue, les Champs Elysées ont vu déferler une nuée de jeunes Français, originaires d’Algérie, qui dans une sorte de manifestation communautariste ,sont venus fêter la victoire de « leur équipe nationale ».Le ministre Besson a aussitôt manifesté sa surprise en termes choisis : «Et quand des jeunes français font la fête pour l’équipe d’Algérie?
Je ne nie pas les tentations communautaristes, je les combats. Mais je ne veux pas créer d’épouvantail. La liesse est de droit, la joie est normale, les débordements et les casseurs sont inacceptables et il ne faut pas fermer les yeux là-dessus. Plus généralement, si des jeunes Français se sentent Algériens, cela confirme qu’il faut mettre au clair notre identité nationale. Nous devons amener ces jeunes à se revendiquer Français pleinement, dans un parfait équilibre de droits et de devoirs. »
LA MAIN DE THIERY HENRY ET FRANCE- IRLANDE
Une opportune main de Thierry Henry ayant permis à la France d’arracher, au détriment de l’Irlande, sa qualification pour le Mondial, le conflit a tout naturellement dégénéré sur le terrain diplomatique. Le ministre de la justice irlandais a souhaité que la FIFA (Fédération internationale de football) soit «mise au pied du mur» et qu'il fallait demander un autre match. «Je sais que nous ne l'obtiendrons jamais, car nous ne valons pas grand chose dans le monde du football, a-t-il déclaré au quotidien irlandais, l'Irish Times. «Mais nous devons faire la demande pour les milliers de supporteurs irlandais dévastés par l'issue du match».Quant à Nicolas Sarkozy, il a eu une attitude prudente .Il a reconnu s'être entretenu avec le premier ministre irlandais, Brian Cowen. «J'ai dit di à Brian Cowen qui est mon ami, combien j'étais désolé pour lui, combien j'avais apprécié la très vigoureuse et très talentueuse équipe Irlandaise».Mais il s’est refusé à toute autre intervention. «Si je me prononce vous allez encore dénoncer l'hyper président. Ne me demandez pas de me substituer à l'arbitre du match, aux instances du football français, aux instances du football européen». Et d'ajouter, «Allez, laissez-moi à ma place, tranquillement».
L’AFFIRMATION DE LA FIERTE NATIONALE
C’est sans doute parce qu’elle est bridée dans d’autres domaines que la fierté nationale s’exprime dans le domaine sportif. Que les grands événements sportifs remplacent les guerres, ce n’est sans doute pas un mal. A la condition que la fierté nationale n’autorise pas les débordements et les violences et que la guerre sportive des Nations reste civilisée. La loyauté et le respect des autres sont des vertus sportives que le sport business ne doit pas détruire.
Charles Debbasch

Labels: , , ,

Thursday, November 19, 2009

SARKOZY ET L’EUROPE RESSUSCITEE
C’est avec une certaine jubilation que Nicolas Sarkozy est venu annoncer à la télévision les trois premières nominations aux postes de commandement dans la nouvelle Europe du Traité de Lisbonne.
L’enthousiasme du Chef de l’Etat doit être partagé.
Après l’échec de la construction du traité de Nice, il fallait relancer la machine européenne. C’est ce qu’a fait Nicolas Sarkozy avec succès en faisant adopter le traité simplifié. Le non de l’Irlande à cette nouvelle mouture paraissait à nouveau bloquer le processus institutionnel. A prés des négociations acharnées tout au long de la présidence française, Nicolas Sarkozy a en effet obtenu que Dublin organise un nouveau référendum . C’est le succès de cette consultation qui a enfin permis à la nouvelle construction européenne de se mettre en marche à partir du 1 décembre prochain.
Le choix équilibré des nouveaux dirigeants européens doit également beaucoup à la stratégie de rapprochement avec l’Allemagne conduite de main de maître par le Président français.
A l’heure où les orages intérieurs grondent, il y a la matière à réflexion pour le président français.
Les grandes réalisations politiques exigent fermeté dans les objectifs, finesse dans la mise en œuvre, équipe d’appui soudée et compétente, prudence dans l’expression et une grande dose de patience.
L’Europe ressuscitée par Nicolas Sarkozy doit servir de modèle d’inspiration pour les grandes réformes intérieures.
Charles Debbasch

Labels: , ,

Tuesday, November 03, 2009

L’IDENTITE NATIONALE

L’identité d’un être c’est ce qui le distingue de tous les autres individus ce qu’il a d’unique. De même, l’identité d’une Nation c’est ce que partagent en commun les individus qui la composent.

La différence apparait cependant immédiatement. Un individu a une spécificité naturelle. La Nation a une particularité qui se construit à partir des valeurs partagées par les individus qui la composent. Voilà pourquoi, elle est plus difficile à caractériser et pourquoi elle fait débat.

Il n’est pas anormal que la France, comme tout autre Etat, se pose le problème de son identité nationale, non pour hisser les drapeaux d’une quelconque xénophobie mais pour identifier en ce début du vingt-unième siècle le creuset des valeurs communes.

Il ne faut pas négliger non plus que, si le problème de l’identité nationale se pose, c’est parce que celle-ci est menacée ou mise en cause.

Elle est mise en cause tout d’abord par le sommet. L’époque est à l’internationalisme. Un réseau d’institutions internationales de plus en plus serré encadre les Etats dont les compétences sont limitées. La construction européenne entraine des transferts de compétences de plus en plus nombreux des Etats vers Bruxelles. La mondialisation des échanges, des informations, des loisirs constitue un puissant facteur d’atténuation des différences au point que les Nations peuvent avoir l’impression de perdre leur âme.

L’identité nationale est également contestée à la base par les mouvements de dépeçage de l’Etat central par les exigences décentralisatrices ou fédéralistes. Le communautarisme c'est-à-dire la tendance de collectivités d’individus à se construire des univers à part dans l’Etat met également l’unité nationale en danger.

Il est donc normal que l’on redéfinisse le contenu d’une identité nationale adaptée à notre temps. Sans le support d’une communauté de valeurs, d’un vouloir vivre ensemble, l’Etat est fragile et menacé. Un Etat ne peut être une simple structure administrative. L’identité nationale c’est son âme.

Charles Debbasch

Labels: , , ,

Thursday, October 29, 2009

LA FAUSSE DECENTRALISATION FRANCAISE

Au moment où Nicolas Sarkozy aborde avec courage la réforme de l’univers local, la Cour des Comptes dresse un bilan désastreux de l’état des lieux de la décentralisation.

La décentralisation visait à rapprocher le pouvoir des Français et à réduire l’emprise des bureaux parisiens sur l’espace local. Aucun de ces objectifs n’a été atteint.
Les compétences de l’échelon local ayant été amplifiées, les administrations centrales auraient du être dégraissées. C’est l’inverse qui s’est produit. 400 000 fonctionnaires supplémentaires ont été engagés par l'État entre 1980 et 2006 ce qui représente un surcoût équivalent à un tiers du déficit structurel de l'État, évalué autour de 50 milliards d'euros. « Vingt-cinq ans ont été perdus, pendant lesquels les doublons se sont multipliés», déclare Philippe Séguin. La décentralisation n'a jusqu'à présent conduit ni à une baisse des dépenses publiques, ni à une maîtrise de la fiscalité locale. En vingt-cinq ans de décentralisation, la dépense des collectivités locales a été multipliée par plus de cinq et celle de l'État par plus de trois.
Des bureaucraties locales se sont surajoutées aux administrations centrales. La fonction publique territoriale a gonflé, passant de 1,1 à 1,6 million d'agents. Les communes qui ont eu le moins de transferts de compétences sont les collectivités qui ont le plus embauché. Les effectifs des communes ont augmenté de 47 % et ceux des groupements intercommunaux de 147%.
L'enchevêtrement des compétences entraine mauvaise gestion et gaspillages. La Cour des Comptes remarque ainsi : «Dix-neuf aéroports sont gérés par les régions, 29 par les départements, 61 par les intercommunalités et 41 par les communes.» L’aide au développement économique qui atteint 6 milliards d’euros est dispersée entre tous les échelons. Comment dans ces conditions conduire une politique cohérente ?
La réforme de l’administration est donc une nécessité Elle doit viser , en premier, les administrations centrales qui continuent avec obstination à exercer des compétences qui ont été décentralisées. Il convient aussi de mettre de l’ordre dans l’univers local en redistribuant clairement les attributions. Il faut, enfin, que cesse cette course incontrôlée à la dépense locale qui gomme toute tentative pour réduire le poids de la fiscalité.
Tout ceci est plus facile à dire qu’à faire. Les coteries locales sont puissantes.
La seule issue est d’expliquer la nécessité de la réforme aux citoyens et de rendre enfin intelligible par tous notre carte administrative.

Charles Debbasch

Labels: , , , , , ,

Thursday, October 22, 2009

JEAN SARKOZY N’EST QU’UN DES FILS DE…

Les medias paraissent s’étonner devant la perspective de voir Jean Sarkozy occuper un poste important dans les Hauts de Seine naguère gouvernés par son père. L’hérédité est pourtant , dans tous les domaines, une opportunité que les fils et les filles savent saisir.

Ces jours derniers les chaines de télévision et les journaux dissertaient sur les mérites du dernier livre de Justine Lévy « Mauvaise fille ».Auraient-ils consacrés tant d’attention à son auteur si elle n’avait pas été la fille de Bernard-Henry Lévy. Le livre aurait-il même été publié si son auteur n’avait pas bénéficié d’une aussi notoire ascendance ?

Le show biz et les journalistes si prompts à s’émouvoir de la candidature de Jean Sarkozy à la défense ne sont-ils pas les milieux dans lesquels l’hérédité et le copinage jouent le plus grand rôle ?

Yves d’Amécourt dans son blog recense quelques uns de ces héritiers ‘’La passion du cinéma, Eva Green l'a certainement héritée de sa maman, la talentueuse Marlène Jobert. … David Hallyday est le fils de Johnny et Sylvie, Laura Smeth est la fille de Nathalie Baye et de Johnny Hallyday, Romane Borhinger la fille de Richard. … La pétillante Jennifer Ayache a de toute évidence hérité du tempérament enflammé et fantasque de sa mère Chantal Lauby. … Christopher Stills, a interprété César, dans la comédie musicale Cléopâtre, il est le fils de Véronique Sanson. Michel Sardou n’est-il pas le fils de Fernand ? Et Jean-Paul Belmondo le fils de Paul ? …. Marilou Berry connaît par cœur le milieu du cinéma, elle est la Fille de Josiane Balasko et la nièce de Richard Berry. Anthony Delon n’est-il pas le fils d’Alain ? Marie Drücker n’est-elle pas la fille de son Père et la nièce de son Oncle ? Julie et Guillaume Depardieu ne sont-ils pas les enfants de Gérard ? Thomas Dutronc est aujourd'hui en passe de se faire un prénom. Arnaud est le fils de Patrick Poivre d’Arvor. Nicolas Madrelle est le fils de Philippe Madrelle. Marie-Christine Darmian est la fille de Jean-Marie Darmian. Filles de Jane Birkin, la plus célèbre de nos Anglaises, Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon ont pour papas : le chanteur et poète Serge Gainsbourg pour la première et le réalisateur Jacques Doillon pour la seconde’’

Les grandes dynasties industrielles et financières illustrent elles aussi le poids de l’héritage. : les Dassault, Rotschild, Arnaud, Pinault, Lagardère, Hersant enracinent leur pouvoir dans la société en le transmettant à leurs héritiers

La classe politique connait le même phénomène. Martine Aubry premier secrétaire du Ps et maire de Lille est la fille de jacques Delors. Le président du conseil constitutionnel Jean-Louis Debré est le fils de l’ancien premier ministre du général de Gaulle Michel Debré et son frère jumeau Bernard est député du seizième arrondissement de Paris. Marine le Pen est la fille de jean marie et George Bush junior était bien le fils de George Bush.

L’hérédité est à l’évidence un accélérateur de carrière. Mais si elle peut permettre d’accéder plus vite à des responsabilités, elle ne peut être un substitut à la compétence. Le coup de pouce héréditaire demande à être transformé. Dans une société démocratique, si l’héritier n’allie pas la compétence au sang, il sera vite dépassé, oublié ou éliminé.

Charles Debbasch

Labels: , , , , ,

Wednesday, October 21, 2009

LA REFORME SARKOZY DES COLLECTIVITES TERRITORIALES
En ces temps difficiles, il faut du courage , sinon de la témérité, pour amorcer les réformes de l’univers local. Le général de Gaulle qui s’y était aventuré en 1969 vit les Français rejeter le referendum qu’il avait organisé à ce sujet. Le poids des élus territoriaux est tel qu’ils constituent un maillage serré du territoire qu’il est difficile de dénouer. Pourtant chacun le reconnaît l’univers local français doit être réformé. Non pas pour recentraliser la France mais tout au contraire pour donner toute sa vigueur à la décentralisation. En dévoilant, le 20 octobre, à Saint-Dizier les principales orientations de la réforme des collectivités territoriales, le chef de l'Etat a proclamé avec force "Comme la démocratie, la décentralisation est devenue un bien commun…C'est en réformant l'organisation territoriale que nous conforterons la décentralisation et les libertés locales. C'est en ne faisant rien que nous les affaiblirons".
Chacun connaît les tares de notre univers local. Sous le couvert de la décentralisation se sont développées trop de collectivités aux compétences enchevêtrées .Elles ont crée des bureaucraties lourdes et coûteuses qui se développent sans contrôle. Le Président n’a pas été tendre dans son jugement sur nos structures actuelles. Il a critiqué vertement l'organisation actuelle du pouvoir: «surenchère», «saupoudrage, quand ce n'est pas simplement du clientélisme», une population «exaspérée», et des élus «ulcérés». «Dans l'enthousiasme général, on a multiplié les structures», créant un «écheveau de complexité».

Les réformes annoncées par Nicolas Sarkozy ont été préparées par le rapport Balladur et ont fait l’objet de nombreuses concertations préalables. Nul doute que l’examen parlementaire des textes adoptés en conseil des ministres fera l’objet d’études attentives et de débats passionnés.
UN CONSEILLER TERRITORIAL UNIQUE POUR LES DEPARTEMENTS ET LES REGIONS
La première des réformes annoncées vise à créer un conseiller territorial qui siégera à la fois au conseil général et au conseil régional.»Ce n'est ni la mort des régions ni celle des départements, c'est l'émergence d'un pôle région département doté d'élus communs». Cette seule réforme qui entrera en vigueur en 2014 permettra la diminution de moitié du nombre des élus : de prés de 6000 à 3 000.
Le conseiller territorial sera élu dans des cantons dont la carte sera modifiée. Une refonte de la carte cantonale va donc toucher les 4039 cantons que compte la France.

Les conseillers territoriaux seront élus au scrutin uninominal à un tour. Le candidat arrivé en tête au premier tour sera élu. Une partie des sièges - environ 20%- sera toutefois attribuée à la proportionnelle selon la méthode dite «du plus fort reste».
LA FIN DE L’ENCHEVETREMENT DES COMPETENCES
Pour lutter contre l’enchevêtrement des compétences dans un univers local où on ne sait plus qui fait quoi, seule la commune conservera une clause de compétence générale.les autres collectivités ne disposeront que des attributions spécifiques qui leur seront expressément conférées. "La seule manière de mettre un terme aux redondances, à la complexité des financements croisés et à la surenchère c'est de définir clairement les compétences de chaque collectivité", a affirmé Nicolas Sarkozy.
RECONNAITRE LE FAIT METROPOLITAIN
"Reconnaître le fait métropolitain, c'est permettre à nos grandes villes de dépasser le cadre rigide de notre organisation administrative", a plaidé Nicolas Sarkozy. De grandes métropoles verront le jour. Elles seront de deux catégories. D'abord des «métropoles d'un seul tenant», qui doivent compter plus de 450.000 habitants et pourront exercer les compétences du département et de la région, après signature d'un accord entre les collectivités locales. Huit villes pourraient être concernées : Paris, Nantes, Lyon, Bordeaux, Lille, Strasbourg, Toulouse et Marseille. Là où il n'y pas d’agglomération constituée, il y aura la possibilité de créer une «métropole multipolaire», a expliqué Nicolas Sarkozy, en citant le projet «Nancy-Metz-Thionville-Epinal».
L’ambition du projet Sarkozy est grande.il s’agit de contraindre les élus locaux à sortir des routines et à moderniser l’univers territorial."Prétendre que les collectivités ne font face à aucune difficulté, qu'elles peuvent rester à l'écart de modernisation du pays, qu'elles ne doivent pas contribuer à la réduction des déficits…c'est un déni de la réalité et une fuite devant nos responsabilités communes", a conclu le président.
Ouvert à toute nouvelle concertation mais décidé à corriger les vices de notre système territorial, le Président sait que la tâche sera difficile mais il sait aussi que le conservatisme est suicidaire.
Charles Debbasch

Labels: , , , , ,

Sunday, October 18, 2009

LA DROITE FRANCAISE EST-ELLE MASOCHISTE ?
La majorité politique aura à affronter, dans moins de six mois, des difficiles élections régionales. Elle doit donc mobiliser ses forces et éviter de prêter le flanc à des critiques de son électorat en particulier et de l’opinion publique en général. Or, les derniers sondages illustrent un désarroi de son corps électoral.
On se souvient qu’au lendemain des élections présidentielles, l’électorat de Nicolas Sarkozy s’était quelque peu effrité dans l’entre deux tours des élections législatives. C’est l’attitude de certains ministres du gouvernement Fillon qui avait provoqué ce swing électoral. En engageant prématurément et imprudemment un débat sur la TVA sociale, ils avaient effrayé les Français pour lesquels cet impôt est un épouvantail. Ils avaient réédité l’erreur du premier gouvernement Juppé qui , élu sur un programme libéral, avait, dés ses premiers pas, augmenté la fiscalité.
Or, voici que sont annoncés des bouleversements fiscaux qui troublent les Français. La suppression annoncée de la taxe professionnelle laisse ouvert le débat sur son remplacement. La nouvelle taxe carbone inquiète tandis que sont annoncées à longueur de semaine de nouvelles taxes ou mesures fiscales mal expliquées.
Tout se passe comme si la majorité politique souhaitait faire souffrir son électorat. Certes on ne peut négliger que l'heure est difficile, que les finances publiques additionnent les déficits et que dans une société en crise la pression égalitaire est accentuée. Mais tout ceci n’explique pas les insuffisances de l’explication, les lacunes de la communication.
Il ne faut donc pas s’étonner qu’il y ait de la jacquerie fiscale dans l’air. Alors et surtout que la protection juridictionnelle des Français face à l’oppression fiscale est inexistante. Que valent en effet des recours devant la juridiction administrative qui sont jugés souvent plus de quinze ans après le déclenchement des poursuites ?
Mais ce n’est pas seulement la communication qui est en cause. La droite française est plus technocratique que libérale. Elle s’appuie sur les réseaux de la haute fonction publique qui ne voient le salut que dans l’expansion de l’Etat. C’est ce qui explique les difficultés pour mettre en œuvre une politique de debureaucratisation et les désillusions successives des électorats du centre et de la droite français qui, au lendemain de leurs succès électoraux , ont toujours l’impression d’avoir été floués.
Charles Debbasch

Labels: , , , ,

Monday, October 05, 2009

LE FAIT DIVERS, LE PRESIDENT,LE JUGE ET LE LEGISLATEUR
Une joggeuse est enlevée et assassinée par un délinquant sexuel qui avait fait l’objet d’une remise de peine et aussitôt la controverse éclate qui touche les trois pouvoirs l’exécutif, le judiciaire, et le législatif.
La réaction de l’exécutif a été immédiate. Nicolas Sarkozy a reçu à la présidence la famille de la victime. Il a "demandé au ministre de l'Intérieur de veiller, au besoin par une modification de notre législation, à une implication plus forte des services de police et de gendarmerie dans la surveillance désormais étroite des condamnés ayant achevé leur peine". Deux ministres se sont également exprimés. Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux a estimé que "l'assassinat de Mme Hodeau aurait pu être évité", jugeant "parfaitement inacceptable que ce criminel sexuel ait été remis en liberté" par les juges d'application des peines. La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a proposé de renforcer la castration chimique afin qu'elle puisse "s'appliquer pendant l'incarcération, mais aussi après". "La castration chimique ou la prison».
Les magistrats se sont immédiatement défendus de toute erreur commise dans le traitement de ce délinquant. Condamné en 2002 à 11 ans de prison pour le viol et l'enlèvement d'une adolescente de 13 ans, commis en 2000, cet homme avait bénéficié d'une libération conditionnelle en mars 2007, assortie de l'interdiction de rencontrer sa victime et de l'obligation de se soigner.
«Sa peine s'est achevée en novembre 2008 sans qu'aucun incident n'ait été signalé », a précisé une source judiciaire. L'homme était donc libre de ses mouvements, y compris dans la zone où il a commis le crime pour lequel il a été condamné. Le procureur d'Evry a souligné que "rien ne laissait penser" dans le comportement du suspect "qu'il pouvait recommencer" et que la libération conditionnelle était intervenue après un "long processus de réflexion du juge qui le suivait».
Le corps judiciaire s’est indigné d’être mis en cause une fois encore à propos d’un fait divers. Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats a assuré que ses confères ont «appliqué la loi», rappelant par ailleurs que «Rachida Dati, n'a cessé de dire qu'il fallait aménager les peines au maximum pour vider les prisons, et assurer le suivi des personnes à l'extérieur». Emmanuelle Perreux, présidente du syndicat de la magistrature a de son côté regretté d'«entendre Brice Hortefeux faire des raccourcis aussi rapides» et «désigner quelqu'un à la vindicte». La magistrate a rappelé que «les taux de récidive pour les gens qui ont fait l'objet d'un aménagement de peine sont moins importants que pour ceux qui sortent de prison sans aucun suivi». Mais cela ne suffit pas, a-t-elle ajouté, regrettant «un dispositif défaillant dans la prise en charge et la réinsertion, notamment pendant le temps carcéral».Quant à la Ligue des droits de l'homme elle a dénoncé «un nouveau dérapage populiste» du ministre de l'Intérieur. «Suivant avec zèle les traces populistes de Nicolas Sarkozy», Brice Hortefeux a rendu le juge d'application des peines «quasiment responsable» de ce meurtre, estime la LDH.

Quant au pouvoir législatif, il est sollicité pour modifier une fois de plus la législation pour éviter le renouvellement de drames semblables. Michèle Alliot-Marie souhaite que, dans le projet de loi sur la récidive qui doit être examiné en octobre, la castration chimique soit permise après la détention, lorsque le délinquant sexuel est en période de remise de peine ou lorsqu'une obligation de suivi a été prononcée. "Ce sera la castration chimique ou la prison. Ils auront le choix entre l'un ou l'autre", a-t-elle déclaré.

Ainsi, un simple fait divers sollicite les trois pouvoirs de la République.Celà ne doit guère surprendre. Notre société inquiète devant la délinquance réclame plus d’autorité. Son porte parole , l’exécutif, comptable de l’ordre public prend en charge cette revendication. Les magistrats chargés de l’application de la loi ont une mission difficile à remplir. Ils ne doivent pas surcharger les prisons et doivent donc prendre la responsabilité de mettre en liberté les délinquants qui paraissent le mériter.
Quant au législatif, il est sans cesse sollicité pour adapter les textes qu’il vient de voter à des cas particuliers.
Tout ce désordre trouve ses racines dans le trouble de notre société qui souhaite l’ordre et l’explosion libertaire, la rigueur et le laxisme, la protection des victimes et la rédemption pour les criminels.
Il ne faut pas alors s’étonner que des faits divers conduisent à poser des questions de principe et qu’ils obligent à trancher des problèmes de société.
Charles Debbasch

Labels: , , , ,

Wednesday, September 23, 2009

LE CLAIR OBSCUR DE L’AFFAIRE CLEARSTREAM
Le tumulte assourdissant qui entoure l’affrontement de Dominique de Villepin et de Nicolas Sarkozy ne doit pas dissimuler la gravité des faits sur lesquels la justice va devoir se prononcer.

LA FALSIFICATION DE LISTINGS BANCAIRES
Pour mettre en cause Nicolas Sarkozy et diverses autres personnalités ,deux personnes, Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin, sont soupçonnées d’avoir falsifié des listings bancaires de la banque Clearstream en y ajoutant plusieurs noms dont celui de l’actuel Président de la République.
Bien que Gergorin nie être à l’origine de la falsification on remarquera l’addition dans les listings de personnalités auxquelles il s’est opposé au sein d'EADS ou du groupe Lagardère. Ont été également visées plusieurs personnalités politiques ayant exercé des responsabilités dans l'industrie, la défense ou au ministère de l'intérieur - Alain Madelin, Jean-Pierre Chevènement, Dominique Strauss-Kahn, Charles Pasqua .L’honneur de toutes ces personnes a été mis en cause et elles figurent aujourd’hui parmi les plaignants.
On est donc loin, comme on voudrait le faire croire, d’un procès entre l’actuel président de la République et un ancien Premier ministre . Il s’agit d’une tentative pour déstabiliser une partie de l’establishment de la République ce qui explique qu’il y ait 44 plaignants devant le tribunal.
UNE ZONE GRISE DE L’ETAT
Ce qui complique le problème c’est que l’affaire se situe dans une zone grise de l’Etat où se mêlent les services de renseignement, les financements politiques et les vrais et faux espions. Imad Lahoud a été un temps utilisé par ces services. Un haut responsable des services secrets le général Rondot a été chargé d’une enquête sur l’affaire et le patron Bertrand des renseignements généraux semble être intervenu à plusieurs reprises dans le dossier.

L’INTERFERENCE AVEC LE CHOIX DU CANDIDAT DE LA DROITE AUX ELECTIONS PRESIDENTIELLES
L’affaire nait et se développe à un moment où la lutte pour le choix du candidat de la droite bat son plein. Le camp Chirac tente de s’opposer à la candidature Sarkozy et Dominique de Villepin est à l’avant-poste pour tirer à vue sur ce candidat potentiel qui lui fait de l’ombre. On sait que, dans ces périodes, les diffamations se diffusent comme de la mauvaise herbe. Que l’on se souvienne des montages d’un clan, gaulliste contre Georges Pompidou pour tenter de ruiner sa candidature. Que l’on se remémore l’affaire de la feuille d’impôts de Jacques Chaban-Delmas pour détruire son image de présidentiable. Que l’on garde en mémoire le lancement d’une affaire contre Robert Boulin au moment où Giscard envisageait de le nommer premier ministre. La vie politique se montre là sous son plus mauvais jour : un univers louche où interférent barbouzes et services officiels, vrais espions et faux nez, révélations et déformations de la réalité
.
Dans l’affaire Clearstream on assiste selon le réquisitoire du procureur de Paris Jean-Claude Marin à une "manipulation complexe d'une ampleur exceptionnelle… l'intrication délibérée du vrai et du faux, l'association réfléchie de faits réels et de calomnie". Les acteurs de cette affaire entretiennent tous "un rapport altéré à la vérité ".

QUID DE LA RESPONSABILITE DE DOMINIQUE DE VILLEPIN DANS CETTE DENONCIATION CALOMNIEUSE ?
Tout est dit dans les notes du 30 juin 2004 du Général Rondot chargé par Dominique de Villepin d’enquêter sur cette affaire : "Je constate que cette affaire prend un tour politique qui risque de devenir dangereux … s'il venait à être établi que cette vaste affaire de corruption est réelle, les conséquences politiques, tant à droite qu'à gauche, seraient calamiteuses. Dans le cas contraire, le chef de l'Etat se trouverait mis en cause pour avoir laissé se développer, sinon encouragé à travers Dominique de Villepin, une campagne visant de possibles concurrents, à droite comme à gauche."
Aujourd’hui que la machination est dévoilée, la Justice aura la difficile tache d’établir si Dominique de Villepin a simplement souhaité faire établir la vérité des faits ou s’il a, au contraire, appuyé sur l’accélérateur pour mettre en cause Nicolas Sarkozy.
Charles Debbasch

Labels: , , , ,

Saturday, September 05, 2009

UNE PERILLEUSE TAXE CARBONE
Dans une société idéale, l’état définit ses fonctions essentielles puis détermine la masse des ressources qu’il devra collecter pour les financer et il répartit ces sommes nécessaires entre les divers impôts obligatoires.
Il y a belle lurette que l’Etat moderne a une politique fiscale plus complexe. De plus en plus d’impôts visent à orienter les comportements des citoyens en favorisant ou en pénalisant leurs comportements . Les taxes sur l’alcool ou le tabac sont depuis longtemps dissociées de leur rendement fiscal .Leur objectif de santé publique est essentiel par rapport à leur contribution aux finances publiques. C’est dans le cadre de cette fiscalité comportementaliste que se situe la taxe carbone. Pour protéger l’environnement, et notamment pour lutter contre le réchauffement climatique, elle vise à limiter l’utilisation des énergies fossile productrices de dioxyde de carbone.
Cette taxe carbone figure au premier plan des revendications des écologistes et, en faisant son nouveau cheval de bataille, Nicolas Sarkozy n’entend pas seulement sauver la planète mais il souhaite aussi s’attirer la sympathie des écologistes qui , forts de leur succès aux élections européennes, sont en situation de peser sur les très prochaines régionales.
Le pari est difficile parce que l’institution d’un nouvel impôt est toujours problématique. D’ores et déjà , les deux tiers des français rejettent le principe de la taxe carbone ; L’opposition socialiste tente de surfer sur cette vague hostile en oubliant que TOUS les candidats aux présidentielles ont signé le pacte de Nicolas Hulot qui en prévoyait l’instauration.
C’est dire qu’il faudra beaucoup de pédagogie à l’Etat pour faire accepter ce nouvel impôt.
Il faudra, tout d’abord, démontrer que ce nouvel impôt n’accroit pas la pression fiscale et donc prévoir les allègements de la fiscalité dans d’autres secteurs.
Il faudra, ensuite, organiser sa collecte sans accroître l’injustice sociale. Par exemple, l’augmentation du prix de l’essence défavorise les couches sociales qui vivent loin du centre ville :comment compenser cette situation ?
Il conviendra, également, de s’assurer que la taxe carbone ne défavorisera pas l’industrie française face aux usines de pays moins regardants sur les questions d’environnement.
Il faudra, enfin, que le pouvoir politique démontre à sa majorité que les dégâts électoraux qu’engendre tout nouvel impôt seront compensés et au-delà par la sympathie des écologistes.
La partie est difficile mais l’enjeu pour la planète est si important qu’il mérite tous les sacrifices … sauf peut être le harakiri pour la majorité.
Charles Debbasch

Labels: , , ,

Monday, July 27, 2009

LE MALAISE DE NICOLAS SARKOZY

Un simple malaise du Président de la République , après quarante cinq minutes de course sous un soleil de plomb, et la France s’emballe.
Légitimement, parce que la santé du Chef de l’Etat intéresse tous les Français et que tous ont partagé une légitime émotion. A cet égard, on ne peut que se féliciter que les leaders de l’opposition se soient associés aux vœux de prompt rétablissement.
Mais, cette émotion est aussi la démonstration d’une certaine incrédulité. On a tellement menti chez nous sur la maladie des Présidents qu’un vieux fond populaire est tenté de penser que l’on cache la vérité et que les choses sont plus graves que l’on veut bien le dire. Ce débat est réellement apparu avec la mort en fonctions d’un Chef d’Etat. Quand Georges Pompidou meurt le 2 avril 1974 à l’âge de 63 ans, les français qui n’appartiennent pas au microcosme apprendront avec surprise qu’il souffrait sans doute déjà au moment de son élection d’une forme de cancer du sang. Si, en 1984, François Mitterrand publie, au lendemain de sa prise de fonction, un bulletin médical précis, dés que les atteintes du cancer de la prostate se confirment le black out s’installera. Le docteur Grubler reconnaitra, après la mort du leader du PS, que ses bulletins de santé étaient falsifiés. Jacques Chirac souffrira pendant son mandat, le 2 septembre 2005, d’un petit accident vasculaire cérébral qui ne sera révélé qu’au lendemain de son hospitalisation. On comprend alors que les Français soient soupçonneux et que des rumeurs sur les troubles supposés de ceux qui nous gouvernent meublent les brèves de comptoir.
Quant à Nicolas Sarkozy, il avait déclaré au journal Le Monde le 5 mai 2007 :"Si je suis élu, je m'engage à publier un bulletin de santé dès mon entrée en fonction, au moins deux fois par an ensuite, et plus si l'évolution de mon état de santé devait le justifier". Il publie son premier bulletin de santé quelques jours après son élection. Toutes les informations médicales sur le coup de chaleur du Président ont été fournies avec régularité. Ce qui n’empêchera pas les rumeurs de prospérer.
En fait, on navigue dans ce domaine entre deux extrêmes.
Le premier est celui du Président à la dure cuirasse, invincible et pétant de santé que l’opinion recherche et qui fait préférer pour la fonction suprême un boutefeu à un gringalet souffreteux.
Le second est la réalité cachée. Il n’existe pas de surhomme. Chaque être humain a ses bobos cachés, ses émotions, ses doutes et ses passions.
Et il arrive toujours un moment où la réalité de la vulnérabilité transperce la carapace du super héros.

Charles Debbasch

Labels: , ,