LE REJET DE LA MOTION DE CENSURE DU PARTI SOCIALISTE
Au lendemain de la constitution d’un nouveau gouvernement , le Parti Socialiste avait souhaité que la nouvelle équipe Fillon se soumette à un vote de confiance. Cette demande ayant été rejetée le PS a déposé une motion de censure.
Pour la défendre , le Parti de Martine Aubry a choisi Laurent Fabius .Ce dernier a pris une position de Sage dans le parti et il attend, comme un grand carnassier, que la guerre des cheftaines du parti s’achève par son propre sacre. L’ancien Premier ministre s’est voulu ferme et agressif. «Sarkozy s'est fait élire comme le candidat du pouvoir d'achat. Aux yeux de tous les Français, il est aujourd'hui M. chômage et M. déficit», a –t-il martelé. Ces propos ont été souvent couverts par les cris des députés de la majorité qui demandaient «le projet, le projet».
En fait de propositions, Laurent Fabius s’est contenté de reprendre sans originalité les classiques revendications du PS : comme la suspension du bouclier fiscal et des dizaines de milliers de suppressions d'emplois publics, l’allongement de l'indemnisation-chômage des travailleurs précaires et des CDD. A la fin de son intervention, brillante dans la forme mais sans originalité sur le fond, il a été applaudi par les députés PS qui lui ont offert une standing ovation.
La réponse de François Fillon était d’autant plus aisée que le PS était lui-même divisé sur l’opportunité de la motion de censure.
Selon Julien Dray, il s’agit en effet d’un choix «pas opportun à la veille du 14 juillet», et le député se demande, au surplus, si les difficultés rencontrées par le Parti socialiste ne sont pas l'illustration d'une «machine à bout de souffle», pas sortie «des méandres et des divisions».
Le Premier ministre a observé avec raison que la motion de censure arrive un mois après la débâcle du PS aux élections européennes. . «Il est plus aisé de blâmer que de décider».a martelé, le premier ministre .Il s’est gaussé d’une opposition qui n'a «ni projet, ni l'appui des Français». Citant Manuel Valls, le député-maire PS d'Evry, il a flagellé une gauche «victime du syndrome de Fort Alamo». Alors que majorité «ajuste ses stratégies et ses idées en permanence», la gauche qui «ne renouvelle aucune de ses propositions.
François Fillon a affirmé sa totale solidarité avec le Chef de l’Etat. Il a assuré qu'il restait chargé de «conduire la politique de la Nation», en vertu de l'article 20 de la Constitution. Avec Nicolas Sarkozy, «nous sommes complémentaires et soudés dans l'action, et aucun de nous deux n'a besoin de souligner que ‘lui c'est lui, moi c'est moi', a dit avec ironie le premier ministre en reprenant la formule utilisée par Laurent Fabius à propos de François Mitterrand.
Fort logiquement, la motion de censure n’a obtenu que 225 voix sur les 289 nécessaires. Confirmant son évolution vers la gauche, François Bayrou a joint son suffrage à ceux du PS et du PC réunis.
En résumé, le PS n’a pas réussi à se forger une nouvelle image à travers ce débat de censure tandis que François Fillon paraissait régénéré et très soutenu par les députés de la majorité.
Pendant ce temps, la gauche « caviar » parisienne avait trouvé un nouveau thème pour ses repas en ville. Etait-il oui ou non légitime que Denis Olivennes, le nouveau patron du Nouvel Obs, ait offert la une et les colonnes de l’hebdomadaire à Nicolas Sarkozy ? Débat vain puisque les lecteurs ont tranché et plébiscité ce numéro du journal.
Pour l’heure, Nicolas Sarkozy fait mieux vendre que la guerre des chefs au PS. Faut-il s’en étonner ?
Charles Debbasch
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UN NOUVEAU GOUVERNEMENT SARKOZO-SARKOZYSTE
Il existe toujours plusieurs phases dans le mandat d’un Président.
Au lendemain de l'élection présidentielle, le nouveau Chef de l’Etat n'est pas totalement libre de ses choix. Il ne maîtrise pas encore complètement l'appareil de l'État. Il doit tenir compte des engagements qu'il a pris pendant la campagne. Il doit marquer sa reconnaissance à ceux qui l'ont aidé à l'emporter.
Le premier gouvernement Fillon Sarkozy n'échappait pas à la règle. Pendant la campagne le nouveau président avait marqué sa volonté d'ouvrir sa majorité à gauche et au centre. Dans ce cadre plusieurs ministres issus de ces horizons figuraient dans l'équipe ministérielle. Par ailleurs même si des rapports de Nicolas Sarkozy avec Jacques Chirac étaient loin d'être excellents, le nouveau président ne pouvait pas marquer de rupture trop profonde pour ne pas heurter sa majorité parlementaire. C'est ainsi que dans le premier gouvernement Fillon un tiers des membres étaient des anciens de l'équipe de Dominique de Villepin, et deux tiers d'entre eux étaient d'anciens membres des gouvernements de Jacques Chirac.
Mais, au fur et à mesure que s'affirme le pouvoir du nouveau président, celui-ci devenu maître du jeu impose sa loi dans la constitution du gouvernement.
Le nouveau gouvernement Sarkozy Fillon constitué le 23 juin 2009 n’échappe pas à la règle. C'est une équipe Sarkozo-sarkozyste formé selon les volontés du président de la république, désormais affranchi de toue contrainte ou allégeance.
Ce nouveau gouvernement illustre l'ancrage des équipes de Nicolas Sarkozy dans l'appareil de l'État. Le plus bel exemple de ce phénomène et la nomination d'un fidèle parmi les fidèles Brice Hortefeux au ministère de l'intérieur. D'autres sarkozystes éminents sont promus. C'est ainsi que Xavier Darcos jusqu'ici ministre de l'éducation nationale hérite du portefeuille des relations sociales et du travail étendu à la famille et la solidarité, que Christian Estrosi le député-maire de Nice devient ministre de l'industrie ou que Pierre Lellouche est chargé des affaires européennes.
Fort et souverain le Président de la république est allé jusqu'à chasser sur les terres du Modem en enlevant à François Bayrou le trésorier de son mouvement : en effet Michel Mercier, le président du conseil général du Rhône, devient ministre de l'aménagement du territoire.
On attendait le chef de l'État sur le terrain de l'ouverture avec l'entrée éventuelle de l'ancien ministre de l'éducation nationale Claude Allègre mais Nicolas Sarkozy, sans renier un des piliers de sa politique, n’a pas cru nécessaire au moment où la gauche est en perte de vitesse d'aller plus loin dans cette voie. Il fait cependant un pied de nez à tous ceux qui attendaient des prises de choix dans le parti socialiste en allant chercher à la villa Médicis à Rome Frédéric Mitterrand dont le nom à lui seul est un symbole.
C'est ce gouvernement Sarkozo-sarkozyste qui va avoir à présent à gérer la difficile situation économique et à préparer les élections régionales qui auront lieu dans neuf mois.
A coup sûr le temps de gestation d'une nouvelle équipe ministérielle.
Charles Debbasch
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LA CRISE ECONOMIQUE ET LES OPPOSITIONS
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La crise économique et financière a poussé, dans un premier temps, à l’unité nationale. Les partis d’opposition ont en général accepté de soutenir les programmes de redressement bancaire.
Mais la prolongation de la crise, l’installation dans la récession créent de profondes insatisfactions que les oppositions tentent de récupérer.
Les jeunes sont la catégorie sociale la plus utilisée pour déstabiliser les gouvernements en place. Les jeunes demandeurs d’emplois sont les plus concernés par la dégradation du marché du travail. Leurs cadets installés dans les écoles ou les universités s’inquiètent pour leur avenir. Il y a donc là un réservoir de troupes prêtes à la contestation.
En Grèce, l’opposition de gauche soutient le mouvement radical des étudiants.
En France, Martine Aubry, la nouvelle première secrétaire du PS, soutient le mouvement des jeunes contre les réformes du ministre Darcos. Ce qui lui a attiré une verte réplique du premier ministre François Fillon. Ce dernier a accusé directement Martine Aubry de vouloir «créer des tensions» dans le pays en appelant ses militants à se joindre aux manifestations des lycéens, qui contestaient la réforme du lycée finalement reportée par le gouvernement. «Ce qui aujourd'hui cloche c'est qu'il y a une tension très forte liée à la crise, qui est liée aussi peut-être à l'attitude de l'opposition», a-t-il affirmé..«Quand Mme Aubry dit que le PS doit manifester avec les lycéens, c'est clairement un choix qui en dit long. Je ne crois pas que le rôle d'un grand parti politique de gouvernement soit d'être dans la rue. Son rôle c'est de faire des propositions, d'être au Parlement, de s'opposer aux textes de la majorité s'il estime devoir s'y opposer. Ce n'est pas de créer des tensions dans le pays au moment où le pays a besoin de se rassembler», a lâché François Fillon, qui a répété que la réforme des lycées n'étaient que reportée et non pas «enterrée. L'enterrer cela voudrait dire que nous renonçons à améliorer les performances des lycées».
Quoi qu’il en soit, la prolongation de la crise renforce l’opposition et permet de faire oublier sa division et son incapacité à forger un programme.
Charles Debbasch
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LE POULAILLER FRANÇAIS
FANTAISIE SUR UNE POULE OFFERTE AU PREMIEER MINISTRELa vie politique française est devenue trop sérieuse et elle recèle trop d’agressivité. Aussi, il est bon que l’humour vienne tempérer la tendance de nos hommes politiques au catastrophisme. Il faut donc se féliciter de l’initiative des producteurs de volailles qui ont offert au premier ministre François Fillon lors de sa visite au Salon de l’Agriculture une poule rousse prénommée Carla.
On pourrait trouver l’allusion trop irrévérencieuse à l’égard de la première dame si l’on ne se souvenait qu’en ces temps de restriction du pouvoir d’achat, les aviculteurs ont voulu simplement signifier qu’ils souhaitaient que chaque Français -à l’image du Président Sarkozy- puisse avoir une poule au pot.
N’est-il pas bon aussi, que plutôt que d’échanger des noms d’oiseaux, les parlementaires se considèrent tous comme des poussins de la République et évitent les prises de bec.
On suppose également que nos politiques préféreront la basse cour à la Haute Cour : il y a beaucoup plus de grain à moudre
En ces temps de recherche de l’identité nationale , on est convaincu qu’ils n’oublieront pas de se comporter comme des bons coqs gaulois pour la grande satisfaction de toutes les poules.
Et puisque nous avons deux très brillants personnages au sommet de l’Etat -deux vraies têtes d’œufs,deux pontes -, demandons leur, toutes affaires cessantes, de travailler en pool.
Charles Debbasch
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